TRAITEMENT DE LA RIGIDITE DU COL DE L’UTÉRUS
nuité viennent à se produire, soit au niveau du segment inférieur, soit au niveau du col.
Traitement. — Ce que nous avons dit de l’influence de la rupture des membranes sur la rigidité du col indique suffisamment qu’il ne faut jamais rompre artificiellement les membranes au début du travail, à moins qu’il n’existe l’une des indications formelles dont nous avons parlé à propos de la rupture artificielle des membranes.
Que convient-il de faire lorsque au cours du travail on constate que le col devient rigide, et que sa dilatation reste stationnaire? Nous ne citerons que quelques-uns des moyens employés, ceux qui nous paraissent le plus efficaces. Lorsque la rigidité semble causée par le défaut de contractions de l’utérus, on a recours aux bains chauds prolongés et tout particulièrement aux injections vaginales chaudes à 48 degrés.
Si, au contraire, les contractions utérines sont fortes, répétées, douloureuses, on emploie avec succès les calmants (*), par exemple les injections hypodermiques de morphine, les opiacés à l’intérieur, les lavements de chloral, et surtout les inhalations de chloroforme qui, maniées avec prudence, peuvent régulariser les contractions utérines et favoriser la dilatation de forifice utérin.
On doit surtout éviter de pratiquer trop souvent le toucher et de vouloir avec les doigts hâter la dilatation, ce qui n’a le plus souvent d’autre résultat que d’augmenter la contracture de forifice utérin et de l’organe tout entier. Dans la majorité des cas, il faut se rappeler que la rigidité n’est que temporaire et qu’une meilleure orientation de la partie fœtale, qu’une meilleure direction de la contraction utérine peuvent rapidement en triompher.
Dans certains cas cependant, l’état général de la mère chez laquelle il existe de l’élévation de température, l’état de souffrance du fœtus, incitent l’accoucheur à intervenir. Nombre de moyens sont à sa disposition; il va de soi que, lorsque le fœtus est mort, le procédé le plus simple consiste à pratiquer le broiement de la partie fœtale qui, ainsi réduite, sert comme agent de dilatation de l’orifice utérin de dedans en dehors.
Lorsque le fœtus est vivant, on peut recourir soit à l’écarteur de Tarnier, soit au ballon dilatateur de Barnes ou de Champetier de Ribes.
L’emploi des incisions du col est encore controversé : il n’y faut recourir que lorsque les autres moyens de dilatation ont échoué ; on glisse alors entre l’index et l’orifice utérin un bistouri boutonné avec lequel on pratique un débriclement de quelques millimètres. On fait ainsi cinq ou six incisions sur le pourtour de l’orifice.
Dans un certain nombre de cas, ces débridements ont pour résultat immédiat de faire progresser d’une manière très rapide la dilatation; ils ont l’inconvénient de s’étendre parfois au segment inférieur de l’utérus et de produire ainsi des déchirures étendues qui peuvent être mortelles, soit qu’il en résulte une hémorragie abondante, soit qu’elles créent des voies faciles
(*) L’applicalion sur l’orifice utérin d’un tampon imbibé d’une solution de cocaïne à 10 pour 100 aurait (Fanar) fait disparaître dans 2 cas une rigidité du col durant depuis deux ou trois jours.