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DIAGNOSTIC DU CANCER DU COL DE L’UTÉRUS GRAVIDE

grave au moment de l’accouchement, mais peut entraîner des suites de couches pathologiques.

Diagnostic. — L’envahissement, par le cancer, du col de l’utérus gravide donne lieu à des erreurs de diagnostic; laissant de côté ce qui a trait au diagnostic du cancer du col de l’utérus non gravide, voyons quelles erreurs peuvent être commises : a. au cours de la grossesse ; b. pendant le travail.

a. Pendant la grossesse. — Les écoulements sanguins qui coïncident habituellement avec le cancer de l’utérus peuvent faire méconnaître la grossesse. Constatant une augmentation de volume de l’utérus chez une femme manifestement atteinte de cancer, on croit que cette hypertrophie est due à l’envahissement du corps par le néoplasme, tandis que l’utérus est devenu gravide. Lorsque ce diagnostic doit être posé dans les premiers mois de la grossesse, en l’absence des signes de certitude, ce n’est que par l’examen répété de l’utérus que l’on peut constater une augmentation de volume qui ne saurait être attribuée seulement à l’envahissement par le cancer.

Les faits se présentent parfois d’une autre manière : la femme est enceinte ; il se fait par les organes génitaux un écoulement sanieux, sanguinolent, quelquefois fétide ; est-il dû à un cancer du col, à une vaginite? Généralement le diagnostic est très facile : il suffit de pratiquer le toucher pour constater que la paroi vaginale est rugueuse, mamelonnée, et que l’inflammation dont elle est le siège (vaginite granuleuse) est la cause de l’écoulement.

Parfois cependant le diagnostic devient plus délicat : un certain nombre de végétations plus ou moins volumineuses ont envahi le col en s’agglomérant; elles simulent un champignon analogue à l’épitbélioma; on se demande alors si la vaginite n’est point causée par l’écoulement irritant qui provient de cette lésion. Il suffît d’examiner la femme à plusieurs reprises, d’instituer le traitement de la vaginite granuleuse pour la voir peu à peu disparaître après raccouchement.

Nous ne citerons que pour mémoire quelques erreurs de diagnostic qui ont consisté à prendre pour un cancer du col des cicatrices anciennes et cette transformation particulière que l’on observe dans la rigidité du col et dont on a comparé la sensation à celle du cuir bouilli.

h. Pendant le travail. — On peut être appelé à faire le diagnostic de cancer du col au cours du travail : la femme depuis longtemps a des douleurs, elle n’accouche pas, elle perd du sang; on pratique le toucher et l’on trouve dans l’orifice utérin une tumeur tomenteuse, irrégulière, qu’un examen quelque peu attentif fait reconnaître pour la face utérine du placenta (!) : cette erreur a plusieurs fois été commise (Denmann, Mme Lachappelle, etc.).

La tumeur formée par le néoplasme du col a été, dans quelques rares observations, prise pour une partie fœtale et confondue avec les fesses, les

1 Ribemont-Dessaignes a observé, en 1875, une femme accouchée depuis plusieurs jours et apportée à l’hôpital dans un état des plus graves. Un liquide noirâtre d’odeur infecte s’écoulait des organes génitaux. Au toucher on sentait le fond du vagin rempli par une sorte d’énorme champignon mollasse qui lit penser tout d’abord à l’existence d’un épithélioma. Un examen plus

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