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CONDUITE A TENIR DANS LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS GRAVIDE

extrémités fœtales et même avec la tète. Il suffit d’un examen quelque peu attentif pour éviter une telle méprise.

Pronostic. — - Le pronostic ressort de tout ce que nous avons dit des rapports du cancer et de la grossesse ; la marche du néoplasme, déjà accélérée par la grossesse, devient encore plus rapide après raccouchement.

Lorsque l’avortement ou raccouchement prématuré ont lieu, l’état général de la femme est habituellement mauvais. Quand l’accouchement a lieu à terme, la dystocie peut être suffisante pour entraîner la mort de la femme, si l’on n’intervient pas rapidement.

Quand l’accouchement a lieu par les voies naturelles, spontanément ou non, la femme est plus exposée qu’une autre à l’infection septicémique par suite des fissures qui se produisent au niveau des tissus sains ou morbides, et par suite du sphacèle qui existe en certains points des tissus malades.

Le pronostic pour le fœtus est moins grave; cependant il peut succomber au cours du travail ou présenter, dans les jours qui suivent l’expulsion, des phénomènes infectieux. D’après Hermann, sur 128 enfants nés de mères cancéreuses, la moitié seulement étaient vivants quelque temps après la naissance.

Traitement. — I. Pendant la Cf rosses se. — Lorsque au cours d’une grossesse on a fait le diagnostic de cancer de l’utérus, quelle est la conduite à tenir? Deux méthodes sont en présence :

A. L’une qui consiste à interrompre le cours de la grossesse dans le but de faire cesser son influence nocive sur le néoplasme, ou à traiter ce néoplasme par une opération plus ou moins radicale.

B. L’autre méthode n’a d’autre but que de sauvegarder autant que possible la vie du fœtus, faisant comparativement peu de cas des jours de la mère, qui sont déjà comptés. Elle consiste à laisser la grossesse évoluer jusqu’à terme ou à n’intervenir par l’opération césarienne que lorsque les accidents qu’elle présente ont un caractère particulier de gravité.

A. La première méthode comprend divers procédés :

1° On interrompt la grossesse en provoquant Y avortement ou Y accouchement prématuré. Lorsqu’on intervient dès les premiers mois de la grossesse, on agit dans le double but d’empêcher la propagation rapide du cancer et de pouvoir à bref délai recourir à une opération radicale telle que l’amputation vaginale, ou mieux encore l’hystérectomie vaginale ; cette dernière méthode a été employée avec succès par Olshausen, Bouilly, Theilhober(1). Nombre de chirurgiens (Segond, Legueu, etc.) sont d’avis de pratiquer l’hystérectomie lorsque le diagnostic du cancer du col opérable est porté chez une femme enceinte de deux à trois mois.

Les cas où le diagnostic peut être ainsi posé de bonne heure sont extrêmement rares; lorsqu’ils se présentent, il n’est peut-être pas irrationnel de provoquer l’avortement. L’accouchement provoqué est beaucoup plus discutable, parce que la vie du fœtus entre ici en ligne de compte. Sans doute,

approfondi permit de reconnaître qu’au-dessus de cette masse, le col existait parfaitement sain. La masse fongueuse n’était autre chose que le placenta que le médecin assistant à l’accouchement avait négligé d’extraire après avoir rompu le cordon.

\l) Arch. fur Gynækologie, 1894, Bd XLVII, Heft I, p. 56-103.

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