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CONDUITE A TENIR DANS LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS GRAVIDE

dans certains cas, le fœtus étant plus petit pourra passer vivant plus facilement à travers une dilatation même incomplète ; sans doute l’interruption de la grossesse peut jusqu’à un certain point permettre plus rapidement une intervention radicale, mais ces avantages ne peuvent entrer en parallèle avec les difficultés que l’on rencontre à provoquer le travail en raison même des lésions du col et avec les risques que l’on court d’avoir un fœtus dont la vitalité n’est pas suffisante.

Il n’est même pas démontré que, chez une femme atteinte de cancer du col de l’utérus, l’effacement du col et la dilatation de l’orifice utérin se fassent mieux vers le huitième mois de grossesse qu’à terme. Il faut en effet ici, comme pour les fibromes, tenir grand compte des phénomènes de ramollissement qui se produisent dans les derniers mois de la grossesse et qui permettent F accouchement spontané dans des cas où l’opération césarienne semblait devoir être la seule ressource.

2° Le grattage avec la curette des tissus malades peut être utilisé dans certaines formes de néoplasme végétant avec hémorragie (*).

5° Quant à Y amputation du col de V utérus gravide , elle constitue dans un tiers des cas un avortement provoqué déguisé, puisqu’elle amène l’expulsion de l’œuf. C’est une opération plus sérieuse qu’en dehors de la gravidité parce qu’elle s’accompagne d’hémorragie abondante.

4° L 'extirpation complète de V utérus, soit par le vagin, soit par l’abdomen (méthode de Freund), a donné quelques bons résultats immédiats.

Hernandez (2), faisant connaître en France les résultats obtenus parMackenrodt (de Berlin), est partisan de l’intervention opératoire et il conclut que, chez la femme enceinte atteinte de cancer de l’utérus : « 1° pendant les trois premiers mois, l’opération de choix est Fhystérectomie vaginale; 2° lorsque le fœtus est viable (sept mois et demi), l’opération césarienne immédiatement suivie de l’extirpation totale de l’utérus et des annexes doit être faite; 5° entre le quatrième et le septième mois et demi, Fhystérectomie abdominale totale sera pratiquée sans retard. »

Dans une leçon faite sur ce sujet, Pinard (5) s’élève contre une intervention aussi systématique et conseille de ne pas intervenir par Fhystérectomie vaginale lorsque l’utérus cancéreux gravide atteint l'ombilic. Bien entendu, lorsque au voisinage du terme, l'état général de la femme est tel qu’il fait craindre un dénouement rapproché, il y a intérêt à intervenir pour l’enfant.

D’après Beckmann (4) Fhystérectomie vaginale totale pendant les quatre premiers mois de la grossesse, sans avortement provoqué, se fait d’ordinaire facilement malgré le volume de l’organe et donne de bons résultats.

B. Sauf les cas où le diagnostic est porté dès les trois premiers mois, il ne nous parait pas utile de recourir à une intervention pendant la grossesse;

(x) Porak et Paquy ont rapporté [Soc. obst. et gyn., 12 oct. 1893) l’observation d’une femme qui fut curettée par Périer le 3 décembre et le 22 février; elle accoucha le 16 mai d’un enfant vivant pesant 3250 grammes.

(2) Hernandez, Annales de gynécologie, août et septembre 1894.

I3) Pinard, Bulletin médical , 12 juin 1895.

U Beckmann, Journal d'obstétrique et de gynécologie. Saint-Pétersbourg, février 1896.

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