FIBROMES DE L’UTÉRUS ET GROSSESSE
on se contentera de faire des injections vaginales désinfectantes; si les hémorragies sont trop abondantes, on aura recours au tamponnement vaginal ou même au grattage des tissus malades.
II. Pendant le travail. — Que convient-il de faire pendant le travail (*)?
Autant que possible, de l’expectation antiseptique armée et prolongée : on a la chance de voir la dilatation progresser et raccouchement se terminer plus ou moins laborieusement avec l’aide ou sans l’aide du forceps. On favorise la dilatation en faisant des injections vaginales chaudes répétées qui ont en même temps l’avantage d’assurer l’asepsie. Si néanmoins la dilatation demeure trop longtemps stationnaire, on peut recourir suivant les cas au petit ballon de Champetier de Ribes ou à l’écarteur de Tarnier qui demande ici plus que jamais à être manœuvré avec beaucoup de prudence.
On peut avoir recours également aux petites incisions multiples faites sur le tissu sain : elles ont parfois l’avantage d’éviter les déchirures plus étendues.
Il va de soi que lorsque l’enfant a succombé au cours du travail, on peut, bien avant la dilatation complète, pratiquer le broiement de la tête : on favorise ainsi la dilatation; mais il ne faut pas oublier de procéder avec beaucoup de douceur au dégagement des épaules dont le diamètre non réduit peut avoir beaucoup de difficultés à traverser l’orifice incomplètement dilaté.
Lorsque la dilatation ne se fait pas, lorsque la mère ou le fœtus commencent à souffrir de ce travail prolongé, plutôt que de recourir à l’accouchement forcé par les voies naturelles, il est préférable de faire l’opération césarienne suivie de l’opération de Porro ou de l’hystérectomie abdominale totale. Il vaut mieux la pratiquer hâtivement que d’attendre que la vitalité du fœtus soit compromise; aussi dans les cas où le néoplasme envahit tout le col ou une partie du vagin, il n’est point sage d’attendre que le travail soit avancé, il vaut mieux pratiquer de bonne heure l’opération césarienne avec amputation partielle ou totale de l’utérus : c’est la seule manière de concilier les intérêts du fœtus et ceux de la mère.
Il est difficile de préciser ici les indications relatives de l’opération de Porro et de l’hystérectomie totale. Pozzi préfère cette dernière opération. Pour Segond, au contraire, elle ne doit être faite que lorsqu’on a la certitude de pouvoir enlever tous les tissus malades. ( Société d’obst ., de gyn. et de pédiat. , 1 1 mars 1901.)
FIBROMES DE L’UTÉRUS
Rien n’est plus variable, à l’état de vacuité de l’utérus, que le nombre, la forme, la situation, le volume des corps fibreux; ces variétés se retrouvent lorsqu’un produit de conception se développe dans l’utérus. C’est ainsi qu’au point de vue des rapports des fibromes avec la paroi utérine, on trouve les
(’) N. Pobedinsky, Ann. de ç/ yn., avril 1897.