INFLUENCE DE LÀ GROSSESSE SUR LES FIBROMES DE L’UTERUS
trois variétés de fibromes : a, sous-muqueux; b, interstitiels ; c, sous-péritonéaux.
Il est aujourd’hui hors de doute, contrairement à l’opinion de Louis, que la fécondation peut se faire, malgré la présence des fibromes dans la cavité utérine; sans doute les fibromes rendent dans certains cas la fécondation difficile ou sont une cause de stérilité; mais il n’en est pas moins assez commun de voir des femmes ayant des fibromes devenir enceintes, ou de constater l’existence de ces tumeurs chez des femmes en état de gravidité. Différentes statistiques ont montré que la stérilité s’observait environ chez le tiers des femmes atteintes de fibromes, tandis que chez les femmes qui ne présentent pas cette complication, on ne l’observe guère qu’une fois sur huit (Spencer Wells).
D’après Pinard, l’absence de fécondation pourrait être une cause de développement des fibromes utérins; il serait disposé à admettre que si le fibrome est une cause réelle de stérilité, la stérilité peut de son côté favoriser le développement des fibromes utérins. D’après une statistique faite à la clinique Baudelocque, sur 85 femmes enceintes ayant des fibromes, 55 étaient primipares sur lesquelles 49 étaient âgées de plus de 50 ans.
Influence de la grossesse sur les fibromes. — Les modifications apportées aux fibromes par la grossesse sont généralement assez marquées. Ces tumeurs augmentent de volume pendant le cours de la grossesse, pour subir pendant les suites de couches une sorte de régression; toutefois il est de règle qu’après la grossesse les tumeurs fibreuses conservent un volume un peu plus considérable qu’avant la conception : quant aux faits exceptionnels dans lesquels on a signalé la disparition des fibromes pendant la grossesse, il y a lieu de se demander si ces tumeurs n’avaient point subi un aplatissement tel qu elles fussent difficilement appréciables à la palpation. En effet, pendant la grossesse, les tumeurs fibreuses participent aux phénomènes de ramollissement qu’on observe du côté des organes génitaux. Dans certains cas il y a plus que du ramollissement, il existe une sorte de dégénérescence provenant de lésions qui se développent dans le fibrome, mais qui ne semble pas être causée directement par la grossesse.
Au fur et à mesure que la grossesse évolue, le ramollissement est de plus en plus marqué ; le fibrome s’assouplit (Depaul ), s’aplatit, de telle sorte que son augmentation de volume se trouve ainsi en partie compensée.
Maygrier ajoute que « les fibromes utérins, hypertrophiés par la grossesse, acquièrent la propriété de se durcir et de se contracter en même temps que l’utérus ». Dans certains cas c’est le muscle utérin qui, en se contractant, rend les fibromes plus durs et plus apparents.
L hypertrophie des fibromes pendant la grossesse résulte de la prolifération du tissu conjonctif et de celle des fibres musculaires lisses. Doléris a noté, comme modifications, dans le stroma des fibromes, une lobulation plus marquée et un épaississement des cloisons interlobulaires constituées par un tissu peu dense.
Ces modifications qui surviennent dans le fibrome varient suivant son siège et sa nature ; d’une manière générale elles sont d’autant plus accen-