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INFLUENCE DES TUMEURS FIBREUSES SUR LA GROSSESSE

tuées que le fibrome est en rapport plus direct avec l’utérus et que sa structure se rapproche davantage de celle du muscle utérin; ainsi les tumeurs interstitielles, surtout lorsqu’elles ont la structure du myome, sont beaucoup plus modifiées que les fibromes sous-péritonéaux. II. -C. Coe (New- York med. Journ., 1899, t. II, p. 773) fait observer que la gêne de la circulation peut suffire à augmenter le volurrîe d’un fibrome sous-séreux situé dans le segment inférieur de l’utérus ou déplacé et enfoui dans un cul-de-sac.

Cornil a signalé dans les myomes d’utérus gravides des îlots mortifiés , ayant subi par places un ramollissement accentué et siégeant au milieu de tissus fibromateux : ces zones mortifiées sont dues à la compression exercée par les faisceaux hypertrophiés du myome; elles peuvent avoir comme conséquence l’atrophie notable et même la disparition d’une portion plus ou moins grande du fibrome après l’accouchement. On observe en outre, dans quelques cas, la suppuration, le sphacèle ou la transformation crétacée des fibromes.

11 va de soi qu’au fur et à mesure que l’utérus augmente de volume et s’élève dans la cavité abdominale, le fibrome subit le même mouvement ascensionnel; ici encore le déplacement du fibrome sera d’autant plus marqué qu’il fait davantage corps avec l’utérus. En outre, dans les dernières semaines de la grossesse, les fibromes qui siègent au niveau du segment inférieur, dans la partie postérieure, subissent un déplacement en haut qui peut les faire remonter au-dessus de l’excavation. Il est probable que ce mouvement ascensionnel des fibromes, surtout marqué au cours du travail, est produit par la contraction des fibres musculaires longitudinales de l’utérus.

Après l’accouchement les fibromes diminuent progressivement de volume et reprennent, à peu de chose près, les dimensions qu’ils avaient avant la grossesse; tantôt ils conservent une augmentation de volume du fait de la grossesse; tantôt ils diminuent notablement et peuvent même disparaître. D’après Bossi, il y aurait alors une dégénérescence graisseuse suivie d’atrophie.

Influence des tumeurs fibreuses sur la grossesse. — Elle est très variable : rien n’est plus commun que de voir de petits fibromes siégeant dans l’utérus ne gêner en aucune façon la marche et le développement de la gestation ; ce n’est que lorsqu’on examine la femme dans les derniers temps de la grossesse et surtout au cours du travail, lorsque l’utérus en se contractant se dessine en relief, que l’on reconnaît l’existence de ces petites tumeurs qui n’avaient donné lieu à aucun symptôme particulier pendant le cours de la grossesse.

Il est loin d’en être toujours ainsi : dans un certain nombre de cas la grossesse est interrompue soit dès les premiers mois, soit à une époque plus rapprochée du terme; l’avortement serait relativement fréquent puisque, d’après certaines statistiques, on l’observerait 1 fois sur 3 ou 4 grossesses; Lefour(1), sur 227 cas de grossesse compliquée de fibromes, a noté 39 avorta Lefoür, Thèse d’agrégation. Paris, 1880.

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