DE L’ACCOUCHEMENT DANS LES CAS DE FIBROMES
est l’endométrite; lorsque cette endométrite existe, il est rare que la conception puisse avoir lieu. De plus, la grossesse se développe plus facilement avec des fibromes sous-péritonéaux qu’avec des tumeurs fibreuses sousmuqueuses. Lorsque les hémorragies se montrent pendant la grossesse, elles sont le plus souvent dues à l’insertion vicieuse qui existe fréquemment dans les utérus fibromateux gravides, elles peuvent gêner le diagnostic et faire méconnaître la gravidité. L’écoulement sanguin qui existe parfois au moment de l’accouchement n’est que le produit d’un décollement de l’œuf.
La présence de fibromes dans la cavité utérine ou dans l’épaisseur du muscle utérin ou même à la surface externe de l’utérus gêne, empêche Y accommodation du fœtus ; aussi observe-t-on plus fréquemment que dans les utérus normaux des présentations autres que celles du sommet. Le fœtus, par suite de sa non-accommodation, peut conserver une mobilité assez grande qui facilite des mutations de présentations au cours de la grossesse et même au début du travail. Sur 307 observations réunies par Lefour, 53 fois le fœtus s’est présenté par le sommet, soit 50,98 pour 100, 33 fois par le siège, soit 32,35 pour 100, et 17 fois par le tronc, soit 1 6,66 pour 100. Cette statistique donne certainement une trop grande fréquence des présentations autres que celle du sommet.
De l'accouchement dans les cas de fibromes. — Le travail est différemment influencé par la présence de fibromes.
Lorsque ceux-ci siègent au fond de F utérus , dans la zone supérieure de l’utérus, leur action est peu marquée; les contractions utérines sont un peu moins énergiques, un peu moins efficaces, mais l’allure du travail est peu modifiée, sauf dans quelques cas où l’insuffisance de contraction de l’utérus, l 'impotence fonctionnelle (Pinard) est telle qu’il faut recourir au forceps dès que la dilatation est suffisante.
Les difficultés augmentent lorsque le ou les fibromes, plus ou moins volumineux, siègent au niveau du segment inférieur : la présence de la tumeur empêche la partie fœtale de se bien engager, de bien appuyer sur le segment inférieur et par suite sur le col : d’où la lenteur des périodes d’effacement et de dilatation, d’où également la fréquence des contractions irrégulières, de la rigidité du col et de la longueur du travail. Ce qui facilite l’accouchement dans ces cas compliqués, ce sont les phénomènes èf assouplissement, de réduction , et en même temps les déplacements que l’on observe du côté de la tumeur.
Les fibromes, pressés par la partie fœtale, subissent, dans les derniers jours de la grossesse et pendant le travail, des phénomènes d’imbibition, de ramollissement qui leur permettent de se laminer, de s’aplatir; de plus, au moment du travail, sous l’influence des contractions utérines, la tumeur fibreuse tend à se déplacer, subit un mouvement ascensionnel qui permet à la partie fœtale de descendre, de s’engager, quelquefois aux dépens de quelques lésions (contusions, fêlures, ou même fractures du crâne).
Dans certains cas, heureusement rares, la réduction de la tumeur n’est pas suffisante pour laisser passer le fœtus, et ce n’est qu’au prix d’une opération mutilatrice qu’on peut l’extraire; l’accouchement peut même être impossible