PRONOSTIC DANS LES CAS DE FIBROMES
lions qu’elles ont causées, soit par l’intervention à laquelle l’observateur a eu recours. D’après la statistique de Lefour, sur 286 cas où le sort de la femme a été noté, 141 femmes ont succombé, soit 1 sur 2,02; sur ces 286 cas, le sort des fœtus a été indiqué 220 fois; 150 fœtus sont nés morts, soit 1 sur 1,69. Il est évident que, si l’on s’en rapportait à ces chiffres, le pronostic des fibromes serait bien grave.
Il n’en est rien, la statistique de la Clinique Baudelocque (l) de 1895 à 1900 donne une proportion de 85 femmes enceintes ayant des fibromes; 5 femmes succombèrent, mais dans deux cas seulement les fibromes ont réellement entraîné la mort de la femme. Sur les 85 enfants, 65 sont sortis vivants du service; parmi les autres, 10 sont morts pendant le travail (dont 5 pendant l’extraction), 6 pendant les jours qui ont suivi la naissance. Un était macéré. Dans un cas il y eut avortement.
Voyons cependant quels dangers menacent le fœtus et la femme dans le cas de fibromes utérins compliquant la grossesse.
a. Pour le fœtis. — La vie du fœtus est compromise au cours de la grossesse, par suite de la fréquence relative de l’avortement, de l’accouchement prématuré; lorsque la grossesse évolue jusqu’à terme ou près du terme, le fœtus peut éprouver les plus grandes difficultés — voire une impossibilité absolue - — à traverser la filière pelvienne rétrécie par la présence d’un fibrome du segment inférieur ou même d’un fibrome pédiculé. — La fréquence plus grande des présentations vicieuses et, en particulier, de celles de l’épaule, vient encore assombrir le pronostic; il faut toutefois se rappeler que la présentation du siège est considérée par certains auteurs, Tarnier en particulier, comme plutôt favorable, parce qu’elle permet au fœtus de s’engager à la manière d’uni coin.
b. Pour la mère. — Si, dans la pluralité des cas, le pronostic pour la mère n’est pas immédiatement sérieux, il peut s’aggraver par suite d’une complication survenant au cours de la grossesse, du travail ou même pendant les suites de couches. Pendant la grossesse, les phénomènes de compression sont plus ou moins accusés suivant le siège et le volume de la tumeur; en outre les fibromes exposent à la rétroversion de l’utérus, à la torsion de l’utérus sur son axe, à l’albuminurie, enfin à l’avortement et à l'accouchement prématuré dus à des hémorragies ou à la présence du placenta sur le segment inférieur. Ce qui aggrave le pronostic pendant la grossesse, ce sont les altérations que peuvent subir les fibromes : suppuration, transformation graisseuse, gangrène, etc. — On a signalé quelques cas d’ascite et même de rupture de l’utérus (Fabrice de Iïilden, Àmeline).
Pendant le travail, le pronostic dépend surtout des difficultés qu’éprouve le fœtus à s’accommoder et à descendre; la rupture de l’utérus ne s’observe plus guère à notre époque où l’on n’emploie plus l’ergot de seigle et où l’on intervient plus rapidement dans les cas graves. — La délivrance peut être une cause de danger pour la mère par suite des hémorragies, de la rétention du placenta, etc.; l’inversion utérine peut même s’observer
. [) S. Bjgex. Les fibromes de l'utérus chez les primipares âgées. Thèse de Paris, 1900. — G. Méhent. Les fibromes gravidiques . Thèse de Paris, 1902.