TRAITEMENT DE L’INVERSION DE L’UTÉRUS
à remplir : 1° réduire l’inversion; 2° s’opposer à sa reproduction, et combattre les accidents qui peuvent persister après la réduction.
1° En présence d’une inversion qui vient de se produire alors que le placenta est détaché et enlevé, il ne faut , quel que soit le degré de l’inversion, songer qu’à la réduire. Toutefois Pinard insiste sur l’utilité qu’il y a à rentrer d’abord dans le vagin l’utérus inversé, avant de chercher à le retourner.
Si le placenta est encore adhérent, convient-il de le décoller au préalable pour réduire immédiatement après? Vaut-il mieux, au contraire, réduire en masse utérus et placenta et ne décoller ce dernier qu’après avoir, par les moyens appropriés, redonné à l’utérus sa tonicité physiologique?
Le degré de l’inversion et T’étendue de l’adhérence placentaire doivent ici être pris en considération. Si l’inversion est incomplète, et le placenta complètement adhérent , on réduit d’abord , puisque l’adhérence totale du placenta met à l’abri de l’hémorragie; puis on excite l’utérus par les frictions, le massage, et l’on ne procède à la délivrance qu’après avoir constaté l’état de parfaite rétraction de l’organe.
Si l'inversion est complète et le placenta totalement adhérent, il n’y a pas à hésiter entre les deux conduites. La séparation du placenta rend moins volumineuse la tumeur utérine qu’il s’agit de faire passer à travers le col plus ou moins rétracté, de plus elle ne favorise pas l’hémorragie, alors même que la réduction présente quelques difficultés.
Quand le placenta est partiellement décollé, il est encore plus indispensable d’en achever le décollement, et de réduire ensuite.
La réduction sera d’autant plus facile qu’elle sera plus hâtive.
Plus on attend, plus elle devient laborieuse par suite de l’augmentation de volume de la masse à réduire, d’une part, et, d’autre part, par suite du retrait du col utérin. On a pu cependant réussir à remettre l’utérus en place, une ou plusieurs semaines après l’accident.
La femme est placée dans la situation obstétricale. Deux aides maintiennent les cuisses écartées, un autre immobilise l’utérus par la région hypogastrique.
La réduction est instrumentale ou manuelle.
La réduction instrumentale Q) peut être obtenue à l’aide de pessaire à air introduit dans le vagin, ou mieux à l’aide d’un ballon Champetier de Ribes.
La main introduite dans le vagin peut agir de deux manières : ou bien en pratiquant une sorte de taxis qui porte sur la région de l’utérus la plus voisine du col, ou bien en refoulant directement le fond de l’utérus.
On peut être appelé auprès d’une femme accouchée depuis huit à dix jours et chez laquelle l’utérus inversé n’a pas été réduit. Si la femme n’a pas de fièvre, si la surface de l’utérus ne présente pas de traces de sphacèle, on essaie sous chloroforme la réduction avec les doigts; si l’on échoue, on peut.
(4) Nous ne parlerons pas du repoussoir dont l’emploi a été conseillé par Viardel, Baudelocque, Depaul ; ce repoussoir, composé d’une baguette de bois solide, à extrémité mousse et garnie d’ouate, agit sur le fond de l’utérus qu’il cherche à refouler pendant que le col est immobilisé par les mains d’un aide.
DYSTOCIE FŒTALE.
comme l’a fait Pinard, tenter la réduction en introduisant un ballon Champetier dans le vagin. On peut également essayer de lever l’obstacle à la réduction du col en faisant des incisions bilatérales sur l’anneau d’étranglement. Si l’on craint que l’utérus ne soit la source d’accidents infectieux, par sphacèle de la paroi par exemple, mieux vaut pratiquer Phystérectomie vaginale (' 1 ).
Pour Bar, les difficultés de réduction de l’utérus inversé ne tiennent guère à la striction exercée par le col, ce sont surtout l’augmentation de volume de l’utérus et la contracture de Panneau de Bandl qui gênent la réduction. Dans les cas où l’on constate une dépression en cul de fiole à travers la paroi abdominale, on peut être amené, lorsque la réduction ne paraît guère possible, à pratiquer la laparotomie et à dilater l’orifice d’inversion pour permettre la réduction. C’est là une ressource à laquelle on n’aura recours que dans des cas tout à fait exceptionnels. Dans un cas où la réduction était difficile, Boissard a pu, en déprimant la paroi abdominale, maintenir la dépression en cul de fiole de manière à pouvoir pratiquer la réduction.
2° Quand la réduction est obtenue (ce dont on est averti par la sensation de résistance vaincue, par l’apparition du globe utérin à la région hypogastrique, par la reconstitution de la cavité utérine dans laquelle la main pénètre sans peine), il faut s’efforcer de maintenir le résultat acquis.
On y arrive en combinant les injections intra-utérines à la température de 48 à 50 degrés, le massage de l’utérus et, surtout, le séjour de la main dans sa cavité prolongé jusqu’au réveil de la rétraction et de la contraction utérines.