DIAGNOSTIC DES TUMEURS DYSTOCIQUES
rachidien. — « Très rarement situées à la face postérieure du sacrum et du coccyx, ces tumeurs répondent. le plus souvent à la face antérieure de ces os, et occupent par conséquent la cavité pelvienne. Généralement elles ont une forme allongée et leur volume varie de celui d’un œuf de poule, jusqu’à celui de la tête d’un fœtus à terme et même davantage. Quelques-uns dépassent à peine le sillon fessier; d’autres descendent jusqu’aux jarrets et même jusqu’aux talons : on dirait que les enfants sont assis sur leur tumeur » (Duplav). (Yoy. fig. 454.)
Ces tumeurs présentent des variétés nombreuses au point de vue de leur structure. Duplay les range dans les différentes classes suivantes : 1° kystes; 2° sarcomes et cysto-sarcomes, fibromes et cysto-fibromes ; 5° lipomes; 4° tumeurs caudales; 5° tumeurs de nature très complexe.
Nous décrirons d’autant moins ces différentes variétés de tumeurs que, au point de vue obstétrical, il faut qu’elles aient un volume assez marqué pour produire la dystocie. Sur 107 observations, Molk n’a relevé que 18 cas de dystocie, dont 2 se terminèrent spontanément et 16 nécessitèrentle secours de l’art.
Le pronostic pour le fœtus est grave : les enfants qui présentent ces tumeurs naissent souvent avant terme, mal développés; ils présentent parfois des malformations. Un certain nombre (29 sur 81) succombent au cours de la grossesse. Quand ils naissent vivants, ils succombent généralement peu de temps après la naissance.
Ce pronostic grave indique qu’au cours du travail, si la tumeur sacrocoecygienne fait obstacle à l'accouchement , il faut sans hésitation la ponctionner, l'inciser, l’enlever par morcellement, suivant les indications.
Spina-bifida (*). — Cette tumeur, qui provient d’un arrêt de développement de la colonne vertébrale, siège habituellement au niveau des régions lombo-sacrée et dorsale. Son volume est rarement assez considérable pour causer de la dystocie.
Cependant il y a quelques observations dans lesquelles le volume du spina-bifida était assez considérable pour gêner l’accouchement ; Zweilel a publié un cas dans lequel le spina-bifida dépassait le volume de la tête fœtale; Yinchon en a vu un gros comme deux têtes d’enfant; dans un cas de Porro, la poche du spina-bifida mesurait 57 centimètres de circonférence et contenait près d’un litre de liquide.
Diagnostic des tumeurs dystociques. — Lorsqu’on constate un obstacle au cours d’un accouchement, la coexistence de l’hydramnios doit faire penser à une malformation fœtale : il en est de même lorsqu’à un accouchement antérieur le fœtus a déjà présenté une tumeur ou un vice de développement.
Yoyons comment on peut arriver au diagnostic dans chacune des présentations (2).
a. Le fœtus se présente par le sommet. — La tête est hors les organes
(M Voir au chapitre de la pathologie du nouveau-né la symptomatologie du spina-bifida.
(2) H. Yarnier, Des maladies du fœtus au point de vue de la dystocie. Revue lirai. d'obst. et d’hyg.delenf., 1890.