CAUSES DE LA PROCIDENCE DU CORDON
assez considérable d’accouchements, donnent comme proportion de fréquence 1/265 et 1/221. Nous admettrons comme chiffre approximatif 1/250 (*). D’ailleurs la procidence du cordon est un accident qui doit diminuer de fréquence à mesure que se perfectionne l’art obstétrical : parmi les causes qui en favorisent la production, il en est quelques-unes, telles que les présentations vicieuses, que l’accoucheur peut faire disparaître dans une certaine mesure.
Causes. — Avant d’étudier les causes de la procidence du cordon, on peut se demander pourquoi le cordon, libre et flottant dans la cavité amniotique, n’est pas plus souvent entraîné vers la partie déclive. C’est que le cordon occupe généralement le creux formé sur le plan antérieur du fœtus par son pelotonnement et qu’il ne peut descendre facilemeut parce que le segment inférieur de l’utérus s’applique exactement sur la partie fœtale qui se présente, surtout si c’est le sommet (Michaëlis).
Lorsque les différents facteurs qui concourent à l’accommodation utérine et pelvienne du fœtus sont normaux, la procidence du cordon est exceptionnelle : on l’observe au contraire souvent lorsqu’il y a une anomalie du côté 1° de l’utérus ; 2° du bassin ou 5° de l’œuf.
1° Utérus . — Lorsque l’utérus manque de tonicité, lorsque le segment inférieur ne coiffe pas d’une manière parfaite la partie fœtale, la procidence du cordon est possible; c’est dire qu’on l’observe plus souvent chez les grandes multipares que chez les primipares, d’autant mieux que, chez les multipares, la tête reste élevée jusque dans les derniers temps de la grossesse et que l’engagement peut même ne se faire qu’au moment du travail.
Les déviations de V utérus, antérieures ou latérales, agissent en facilitant les présentations vicieuses.
2° Bassin. Il en est de même des viciations pelviennes qui retardent ou empêchent l’engagement de la partie fœtale et laissent, en outre, au niveau de certains diamètres, un vide tout préparé pour la procidence.
5° Œuf. — V hydropisie de Vamnios favorise doublement la procidence du cordon : d’une part, l'excès de liquide empêche le fœtus de s’accommoder; d’autre part, au moment où les membranes se rompent, même lorsqu’il y a présentation du sommet, le cordon est facilement entraîné par le flot de liquide qui s’écoule avec rapidité. Aussi faut-il surveiller avec soin la rupture des membranes et examiner la femme aussitôt après ; lorsque l’accoucheur rompt les membranes, il doit modérer l’écoulement du liquide en laissant pendant quelques instants la main appliquée à plat sur les parties génitales et en s’assurant que la partie fœtale s’engage sans s’accompagner d’une anse de cordon (Tarnier).
Lorsque le placenta est inséré sur le segment inférieur , il gêne l’accommodation du fœtus et rapproche pour ainsi dire le cordon de l’orifice utérin, aussi cette situation du placenta favorise-t-elle singulièrement la procidence.
(4) Dans une monographie assez documentée sur ta procidence du cordon, MM. Guérin- Yalmale et Guirauden (de Montpellier) semblent admettre ce chiffre comme assez exact.