SIGNES ET DIAGNOSTIC DE LA PROCIDENCE DU CORDON
La longueur exagérée du cordon, son excès de volume, et, d’autre part, sa gracilité, favorisent la procidence pour des raisons qui se devinent facilement ; on a signalé aussi la procidence du cordon lorsque les eaux s’écoulent en abondance, la femme étant debout. Ces différentes causes n’agissent guère qu’autant qu’il y a défaut d’accommodation pelvienne.
Lorsque le fœtus est de petit volume, il distend incomplètement le segment inférieur de l’utérus et laisse un peu de place pour le cordon : la grossesse gémellaire est à signaler à ce point de vue, puisque les jumeaux sont généralement de volume inférieur à la moyenne et qu’ils ne s’accommodent pas toujours parfaitement. Le volume exagéré du fœtus peut faciliter la procidence par suite du défaut d’engagement de la partie fœtale.
La procidence d’un membre, d’une main le plus souvent, favorise la procidence du cordon en maintenant soulevée la partie fœtale qui se présente la première; aussi Mme Lachapelle, dans son IX/5 mémoire, a-t-elle eu soin de réunir dans un même chapitre des Procidences, la procidence du cordon et la procidence des membres.
Les présentations vicieuses s’accompagnent plus souvent que la présentation du sommet de procidence du cordon : ainsi la face et le siège, en raison de leur conformation irrégulière, non sphérique, ne s’appliquent pas d’une façon hermétique sur le segment inférieur. La présentation du tronc s’accompagne fréquemment de procidence du cordon, parce que la partie fœtale ne s’accommode guère aux diamètres du détroit supérieur, et parce que l’ombilic du fœtus est, en outre, plus voisin de l’orifice utérin.
Parfois, c’est l’accoucheur qui produit pour ainsi dire la procidence du cordon, soit en faisant des tentatives maladroites de version (Depaul), soit en provoquant l'accouchement.
Signes et diagnostic. — La procidence du cordon peut se produire à tout moment du travail, que les membranes soient intactes ou rompues.
A. Lorsque les membranes sont intactes , le doigt sent, surtout dans l’intervalle des contractions, à travers les membranes, un petit corps arrondi peu volumineux, nettement distinct de la partie fœtale et animé de pulsations fréquentes, analogues comme rythme aux battements du cœur fœtal. On ne peut guère affirmer l’existence d’une procidence du cordon que lorsqu’on a constaté ces battements : c’est dire que, lorsque le fœtus est mort, le diagnostic de la procidence n’est pas toujours facile à faire. Il est vrai qu’en pareil cas ce diagnostic a moins d’importance puisqu’il est inutile de chercher à réduire le cordon.
Il est certaines causes d’erreur qu’il suffit de se rappeler pour les éviter : il ne faut pas prendre pour des battements de la tige funiculaire les pulsations utérines et vaginales (pouls vaginal d’Osiander) ; parfois le doigt appliqué sur les membranes a pu confondre le cordon avec des ramifications artérielles du cordon qui viennent s’y ramifier (placenta de Lobstein) ; le petit volume et l’immobilité des vaisseaux logés dans l’épaisseur des membranes éclairent le diagnostic. Il est généralement facile de distinguer le cordon d’un petit membre procident ou des ^irrégularités qu’on rencontre parfois à la surface des membranes épaissies.