INDICATIONS DE L’ACCOUCHEMENT PREMATURE ARTIFICIEL
palper mensurateur ; il est enfin un troisième élément d’appréciation qui manque malheureusement, c’est le degré d’ossification et par suite de réductibilité de la tête fœtale. Cette question des indications de l’accouchement prématuré dans les rétrécissements du bassin est encore à l’étude ; Pinard et Yarnier, confiants dans les heureux résultats de la symphyséotomie, ont abandonné l’accouchement provoqué dans les rétrécissements moyens. Il est bien certain qu’ils évitent ainsi de provoquer un certain nombre d’accouchements qui se font spontanément à terme et que les fœtus n’ont qu’à gagner à cette manière de faire.
Cependant il nous semble que, lorsque chez une femme à bassin nettement rétréci le fœtus est déjà très développé, il y a intérêt à provoquer l’accouchement : on évite ainsi de se trouver, au moment du travail, dans la nécessité de pratiquer une symphyséotomie alors qu’il n’y a qu’une très faible disproportion entre le volume de la tête et les dimensions du bassin. Ce qui est acquis à l’heure actuelle, c’est que la symphyséotomie a beaucoup restreint les indications de l’accouchement prématuré. Reste à savoir si elle doit les faire disparaître toutes. Des statistiques bien faites peuvent seules éclairer et trancher la question.
Le bassin peut avoir des dimensions à peu près normales et être cependant trop petit pour laisser passer un fœtus trop volumineux ; cet excès de volume devient donc une indication pour l’accouchement prématuré1.
Certaines déformations du bassin par des tumeurs néoplasiques peuvent exceptionnellement nécessiter la provocation de l’accouchement.
Parmi les maladies ou complications qui se développent sous l’influence de la grossesse, et qui peuvent nécessiter l’interruption de la grossesse, citons les vomissements incoercibles, 1 anémie grave des femmes enceintes , Y albuminurie < Y éclampsie, Y hydropisie de Vamnios , les hémorragies graves liées à la présence du placenta sur le segment inférieur, etc.
Parfois il s’agit d’accidents cardiaques ou pulmonaires qui, aggravés parla grossesse, menacent les jours de la femme; on peut être également amené à intervenir lorsque surviennent des phénomènes dyspnéiques dus à la concomitance de la grossesse et d’une tumeur abdominale ou à Y exiguïté de la cavité abdominale résultant d’une déviation très accusée de la colonne vertébrale.
La mort habituelle du fœtus à une époque presque toujours la même de la grossesse crée également une indication à l’accouchement prématuré, lorsque cet accident survient vers le huitième ou le neuvième mois de la grossesse, lorsque la cause de cette mort n’est pas connue et que le traitement spécifique administré au père et à la mère n’a pas sauvé la vie des fœtus aux grossesses antérieures ; c’est d’ailleurs là une indication tout à fait exceptionnelle.
Les contre-indications de l’opération sont : 1° La mort du fœtus, qui fait généralement disparaître les accidents graves inhérents à la grossesse :
1 Ribemont-Dessaignes a eu en 1895 l’occasion de provoquer à huit mois l’accouchement chez une dame qu'il avait accouchée à terme, trois ans avant, d’un enfant pesant G kilogrammes. Cette fois, bien qu’âgé de huit mois seulement, le second enfant pesait 5kg,950.