MODE D’EMPLOI DE L’ÉCARTEUR DE TARNIER
femme en travers du lit, dans la situation obstétricale ordinaire, c’est-à-dire avec les cuisses et les jambes en demi-flexion, maintenues de chaque côté par une aide ou reposant sur une chaise.
1er Temps : Introduction de deux branches. — Cette introduction est particulièrement facile. On a eu soin d’explorer à l’avance l’état de l’orifice utérin et de déterminer les deux points où l’on veut tout d’abord faire porter les pressions des deux ailettes ; le procédé le plus facile consiste à soulever légèrement l’orifice avec l’extrémité de l’index accompagné ou non du médius et à glisser l’ailette, entre la paroi utérine et le doigt, contrairement à ce qu’on fait dans l’application du forceps.
Il est plus facile de prendre de la main droite la branche qu’on veut appliquer sur la partie latérale gauche du col (il n’y a pas ici de branche gauche ni de branche droite, puisqu’on peut appliquer de chaque côté, indifféremment, l’une et l’autre branche) ; on saisit de même de la main gauche la branche qu’on applique à droite. C’est donc entre la face palmaire des doigts et l’orifice utérin qu’on insinue les ailettes. « Une fois la première branche mise en place, on s’assure que l’ailette a franchi entièrement le relief supérieur du col. On empoigne la branche à pleine main au niveau de son entablure et on la refoule vers la paroi du bassin qu’elle regarde, en prenant bien garde de ne pas faire basculer les extrémités en sens opposé. Un aide saisit la branche de la même manière, la maintient très solidement, et doit veiller avec le plus grand soin à ce que, dans le cours de l’application de la deuxième branche, l’ailette de la première ne subisse aucun déplacement » (Bonnaire).
La deuxième branche peut être introduite de la même manière que la première. Bonnaire donne le conseil de laisser en place les doigts qui ont servi à guider la première branche et de glisser la seconde branche de manière à superposer les deux ailettes. On imprime alors à cette seconde branche un mouvement de circumduction d’un demi-cercle, de manière à la ramener en un point diamétralement opposé.
2e Temps : Articulation. — Elle est facile à faire, il faut seulement y procéder avec lenteur pour ne pas entraîner hors du col l’une ou l’autre des deux branches de l’écarteur : lorsque l’emboîtement est effectué, on saisit avec la main les deux branches et l’on rapproche les deux crochets jusqu’à ce qu’on sente l’obstacle formé par la tonicité du col. Il faut s’assurer à ce moment, en pratiquant le toucher, que les ailettes sont bien restées en place; si l’une d’elles a glissé, il faut désarticuler, laisser en place celle qui n’a pas bougé, la confier de nouveau à un aide, et réintroduire celle qui a été déplacée.
3e Temps : Application du caoutchouc. — Lorsque l'instrument est ainsi bien placé, on attache l’anneau de caoutchouc sur l’une des extrémités recourbées, on le distend, et on le laisse retomber dans la gorge du crochet du côté opposé. La tension du caoutchouc suffit dès lors à maintenir conjuguées les deux branches de l’instrument, et à assurer leur contact avec les parois de l’utérus.
Mme Henry, Bonnaire ont étudié avec soin le mode d’action et les effets