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PRONOSTIC DE L’ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ

cédés : les conditions sont alors moins favorables qu’avant la rupture des membranes.

La perforation des membranes est le procédé de choix pour provoquer l’accouchement lorsque l’utérus est susdistendu par le liquide amniotique et lorsqu’il existe des phénomènes de compression menaçant la vie de la femme.

Pronostic de l'accouchement prématuré. — Mère. — Le pronostic pour la mère est très favorable : Pinard a pu provoquer près de 100 accouchements prématurés sans un seul décès ; Tar nier [Congrès de gyn. et dobst. de Bordeaux, août 1895) a donné une statistique de 116 accouchements provoqués depuis 1886 pour bassin rétréci sans un seul décès maternel.

11 faut ajouter que non seulement la vie de la femme n’est point exposée par Faccouchement prématuré, mais que, dans les cas autres que les rétrécissements du bassin, cette opération sauve les jours d’un certain nombre de femmes. L’essentiel est que l’opération soit faite avec toutes les précautions d’asepsie nécessaires.

Fœtus. — Le pronostic pour le foetus est plus réservé; dans les cas où l’on provoque l’accouchement pour sauver la vie de la mère, le pronostic pour le fœtus varie essentiellement suivant l’époque de la grossesse à laquelle l’opération a été faite.

Le pronostic de l’accouchement provoqué dans les cas de rétrécissement du bassin est à l’heure actuelle complètement remis en question. Les statistiques qui existent jusqu’à présent ne peuvent suffire pour se faire une opinion; en effet, avant la rénovation de la symphyséotomie, lorsque l’accouchement était provoqué trop tardivement, le forceps ayant échoué, on n’avait guère d’autre ressource que la basiotripsie. Pour éviter cette opération, on en était arrivé à provoquer l’accouchement à une époque trop éloignée du terme, ce qui avait le double inconvénient d’intervenir alors que les phénomènes de ramollissement du côté du col et du segment inférieur qu’on observe à la fin de la grossesse n’étaient pas suffisants, et d’exposer les enfants à naître trop prématurément.

11 est certain que la symphyséotomie a fait disparaître un grand nombre d’indications de l’accouchement provoqué dans les rétrécissements du bassin; la question est de savoir si elle doit faire disparaître toute indication d’accouchement prématuré. Il ne suffit pas, en effet, pour juger la valeur de Faccouchement provoqué, de relater combien d’enfants sont nés vivants et combien sont sortis vivants du service dans lequel ils sont nés ; il faut encore indiquer ce que sont devenus ces enfants, s'ils ont survécu et si quelques années après la naissance ils se développent normalement.

D’autre part, en multipliant le nombre des accouchements provoqués dans des bassins peu rétrécis, on obtient des succès trop faciles en faisant naître prématurément des enfants qui auraient passé sans encombre au terme de la vie intra-utérine. Il ne faut donc pas se contenter de statistiques illusoires qui donnent une proportion élevée d’enfants vivants; il faut préciser, autant que possible, dans combien de cas l’interruption de la grossesse était utile et nécessaire. Cette question ne sera donc résolue que le jour où seront publiées des statistiques intégrales des cas de rétrécissement du bassin avec

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