DE LA VERSION PAR MANŒUVRES INTERNES
B. — DE LA VERSION PAR MANŒUVRES INTERNES
Historique. — Après avoir été préconisée, dès la plus haute antiquité, par Celse, qui la conseille dans le cas où l’enfant est mort, par Soranus (*) qui la recommande lorsque le fœtus est vivant, par Aetius et Paul d’Égine, la version par manœuvres internes fut, pendant des siècles, complètement abandonnée.
Au commencement du xvie siècle, Rœsslin cherche bien à montrer vaguement qu’il est préférable d’amener les pieds du fœtus pour l’extraire; mais c’est à Ambroise Paré (1550) et à Guillemeau, son élève (1609), que revient l’honneur d’avoir montré l’utilité de la « version sur les pieds » dans les cas où il y a intérêt à pratiquer rapidement l’extraction du fœtus.
Après eux, la version podalique est substituée à la version céphalique, et préconisée par Louise bourgeois, Mauriceau, de la Motte, etc. Portai (1685), le premier, montre la possibilité de faire la version en tirant sur un seul pied; cette méthode est ensuite recommandée par Puzos (1755) et Deleurye (1770). Un peu plus tard (1779), ce dernier accoucheur conseille, dans certains cas, de se borner à l’évolution du fœtus, sans procéder immédiatement à l’extraction. Peu à peu le manuel opératoire et les indications de l’opération sont précisés par Osiander, Levret, Smellie, Stein, etc. ; enfin, plus récemment, grâce aux travaux de Schrœder, de Rudin, de Champetier de Ribes, on a éclairci le manuel opératoire à suivre pour faire passer la tète fœtale dernière dans un bassin rétréci.
Bien que quelques accoucheurs aient pratiqué la version céphalique par manœuvres internes, presque toujours c’est le siège que l’on ramène en bas lorsqu’on introduit la main dans l’utérus : c’est seulement de cette version podalique ou pelvienne que nous nous occuperons.
Indications. — La plus fréquente des indications de la version par manœuvres internes est la présentation de F épaule : toutes les fois qu’un fœtus vivant se présente transversalement pendant le travail, si l’on n’a pu le faire évoluer par manœuvres externes, il faut pratiquer la version par manœuvres internes.
Dans les cas où il se produit un accident vers la fin du travail (hémorragie grave, procidence irréductible du cordon, rupture utérine, etc.), il peut être indiqué de faire la version alors que le fœtus se présente par le sommet ; il en est de même dans la présentation de la face lorsque la partie fœtale reste élevée et qu’on ne peut parvenir ni à la fléchir ni à la défléchir. — Nous avons vu, à propos de la conduite à tenir dans les rétrécissements du bassin, que la version avait des partisans, surtout lorsque le fœtus n’est pas à terme.
( 1 ; Fr.-J. Herrgott a étudié l’historique de la version (Ann. de g y née., avril 1882, t. XVII, p. 285) et a rappelé « la priorité en faveur de Soranus de la version podalique de l’enfant vivant ». Ces recherches bibliographiques ont amené Fr.-J. Herrgott à donner à la littérature obstétricale une traduction avec annotations « de Soranus, d’Ephèse, et Moschion son abréviateur et traducteur ». Nancy, 1895.