MORTALITÉ MATERNELLE DANS LA SYMPHYSÉOTOMIE
tionnelles éloignées que l’on peut observer. Enfin, il faudrait pouvoir établir un parallèle judicieux avec les autres opérations qui peuvent être mises en usage, Faccouchement prématuré artificiel, l’opération césarienne conservatrice ou non, la basiotripsie, etc.
Mortalité et morbidité maternelles. — Toutes ces questions ne peuvent encore être résolues, à l’heure actuelle, d’une manière définitive. Four y donner une réponse aussi nette que possible, il ne faut, en tout cas, la baser que sur les opérations pratiquées depuis une douzaine d’années, c’est-à-dire depuis que l’on a précisé le manuel opératoire et depuis qu’on opère avec les précautions d’asepsie et d’antisepsie nécessaires; c’est dire qu’il ne faut tenir compte que des statistiques, relativement récentes, établies par H. Varnier (avril 1893), Morisani (Congrès de Rome, 1894), Neugebauer (1894), Jorand (1896), Rubinrot (1899), P. Bar (1899), etc. Parmi ces statistiques, qui comprennent les cas publiés çà et là par différents opérateurs, les deux plus nombreuses donnent les résultats suivants :
Mortalité pour 100.
Maternelle. Fœtale.
Statistique de Neubauer 11,1 19,00
— de Rubinrot 11,03 15,97 '
Ces statistiques ont le défaut, comme beaucoup de statistiques, d’être faites « d’éléments disparates », d’opérations pratiquées dans des conditions différentes, et, pour en dégager la portée exacte, il faut, pour ainsi dire, analyser chaque cas en particulier, pour voir dans quelles conditions a été faite l’opération.
P. Bar leur préfère des statistiques représentant la pratique intégrale de quelques accoucheurs opérant dans de bonnes conditions ; en réunissant ainsi la statistique de Pinard (jusqu’à la fin de 1897), celles de Zweifel, Kustner et la sienne, il obtient les résultats suivants :
Décès. Mortalité pour ioo.
Mères. Enfants. Maternelle. Fœtale.
Pmard 89 cas, 10 12 11,23 13,48
Zweifel 31 — 0 2 0 6,45
Kustner 7 — 0 0 0 0
Rar 22 — 0 0 0 0
Totaux. . . . 149 cas. 10 14 6,71 9,39
Ces chiffres montrent qu’en n’usant de la symphyséotomie que dans des circonstances déterminées la mortalité maternelle peut être nulle ainsi que la mortalité foetale. Pour P. Bar, on peut accepter ces chiffres comme « représentant la mortalité moyenne actuelle après la symphyséotomie pratiquée dans de bonnes conditions^1). Je n’ignore pas que des partisans de la
(1) La symphyséotomie. Ses résultats immédiats et éloignés. Ses indications relatives par rapport à la section césarienne. U Obstétrique, juillet 1899.