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PATHOGÉNIE DES INFECTIONS PUERPÉRALES

cela revient à en contester l’existence. Ce n’est là qu’une interprétation. La clinique est tenue d’admettre la reviviscence in situ de ces pathogènes préexistant dans le col utérin, les trompes, et la possibilité de la généralisation d’une telle infection après l’accouchement, sans nouvel apport de microbes pathogènes extérieurs. »

Jeannin, dans sa thèse, a repris cette question de l’auto-infection ; il divise les auto-infections en deux rondes classes :

1° Auto-infections d’origine génitale;

2° Auto-infections d’origine extra-génitale.

Il étudie alors séparément :

1° La source des germes; 2° leur trajet vers l’utérus; 5° la manière dont les germes font naître les accidents infectieux.

1° Source clés agents microbiens. — Les germes peuvent venir d’un point quelconque de l’organisme (source extra-génitnle) ou habiter d’avance les voies génitales.

Dans le premier cas, le point de départ est au voisinage des parties génitales. C’est à l’occasion d’une urétrite (gonocoques, coli-bacillee, staphylocoques), d’une cystite (streptocoques, anaérobies’), d’une pyélo-néphrite (streptocoques, staphylocoques,, coli-bacilles, anaérobies), d’une affection des voies digestives inférieures que les germes envahissent l’utérus. Ou bien encore les foyers microbiens, points de départ de l’infection génitale, sont situés en un point quelconque de l’organisme, constitués alors par des poches pelviennes suppurées (ovarites, kystes purulents, phlegmons parautérins), par des infections cutanées ou mammaires.

Dans le deuxième cas, les germes peuvent exister avant l’infection dans l’utérus même, ou bien y parvenir, partis de la trompe ou de la vulve et du vagin.

Les germes qui existaient dans l’utérus avant d’avoir créé l’infection se trouvaient dans cet organe à l’occasion d’un cancer, d’un fibrome suppuré (Th. Guéry), d’une endométrite restée latente pendant la grossesse, d’un œuf ouvert avec fœtus macéré (recherches de Demelin et Létienne).

Ceux qui arrivent dans l’utérus, partis de la vulve et du vagin, ou des trompes, ont donné lieu à de nombreuses recherches. Les microbes vulvaires, susceptibles de donner lieu à une infection autogène, ont été décrits par Menge et par Bensis. Ces microbes, aérobies et anaérobies, d’espèces nombreuses, ont leur action favorisée par les lésions locales (ulcérations, excoriations). Certaines espèces créent l’infecjtion autogène à l’occasion d’une bartholinite ancienne ou récente; elles ont été bien étudiées par Hallé ('gonocoques, bacillus fundibulif ormis , micrococcus de Veillon, bacillus nebulosus, bacillus caducus , staphylocoques, seuls ou associés).

Les microbes partis du vagin ont été l’objet de nombreuses recherches de la part de Menge. Dôderlein croyait à l’existence dans le vagin d’un anaérobie, le bacillus vaginalis , ayant pour but de produire l’alcalinité du liquide vaginal et d’empêcher ainsi le développement des saprophytes et des pathogènes. Mais il n’en est rien. Krônig, Wardsworth, Hallé, Bensis ont aussi étudié la flore vaginale. Bensis distingue dans le vagin deux régions au point

DES INFECTIONS PFEIIPÉKALES.

de vue microbien, une supérieure et une inférieure. Jeannin conclut en disant : « Le vagin est toujours habité par des germes nombreux : aérobies (streptocoque, staphylocoque, coli-bacille, etc.) dans des cas assez rares, mais anaérobies dans tous les cas observés; et parmi ces derniers on trouve les espèces que nous avons signalées comme agents des infections putrides, bacillus perfringens , micrococcus fœtidus , etc. »

Dans d’autres circonstances les microbes, créateurs de l’infection puerpérale autogène, viennent du col utérin (Winter, Menge, Ilallé). Ils peuvent venir des trompes.

2° Conditions permettant l’arrivée des germes dans l’utérus. - — a. Ceux qui viennent d'un point quelconque de V organisme peuvent être introduits dans les voies vaginales par la femme elle-mèine, cette femme apportant à la vulve avec ses doigts les germes d’un panaris, d’un abcès du sein, de la région anale. Ou bien ils peuvent être introduits par contagion médiate. C’est ainsi que des microbes intestinaux, comme le remarque Morisani le jeune, peuvent envahir l’utérus par la voie vulvovaginale (fèces contaminant les déchirures), par la voie transpéritonéale (migration du coli-bacille vers l'utérus à la faveur d’adhérences consécutives à des annexites, ou d’adhérences directes, comme dans les cas de fixation d’une rétroversion utérine).

Les microbes des voies urinaires trouvent une voie facile au moment d’une miction. Ceux provenant de la surface du corps, diffusés dans l’eau d’un bain, peuvent avec cette eau pénétrer dans le vagin. Aussi Stroganoff propose-t-il de substituer au bain des parturientes les lotions savonneuses.

b. Quant aux microbes existant dans le vagin , ils pénètrent dans l’utérus par suite de déchirures cervicales , de la béance du col , du défaut d'involution, à la faveur de débris membraneux restés adhérents à l’utérus et pendants dans le vagin, à la faveur d’une rétention placentaire post aborlum, par contamination artificielle de V utérus (un instrument stérilisé recueillant les germes lors de son passage dans un vagin infecté et portant ensuite ces germes dans la matrice).

5° Dans quelles conditions les germes parvenus dans l’utérus font-ils naître une auto-infection?

Pour donner lieu à des accidents il faut que les germes aient une certaine vitalité : ils peuvent acquérir cette vitalité s’ils trouvent dans l’utérus des « débris de matériaux organiques vivants ou morts, capables de leur servir de milieux de culture », matériaux comme les lochies , les caillots , un placenta ou des membranes en rétention , la présence d'un fœtus mort et macéré , la dégénérescence glandulaire de la muqueuse utérine. 11 faut aussi que ces germes arrivent virulents ou qu’ils le deviennent, s’élevant du rang de simples saprophytes au rang de pathogènes. Dans ce dernier cas l’exaltation de la virulence des microbes du canal génital est favorisée soit par l’existence de plaies au niveau des parties génitales, soit par suite d 'associations microbiennes et de phénomènes de symbiose.

Si ces infections autogènes se produisent dans l’état puerpéral, et dans cet

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