SYMPTOMES DES INFECTION PUERPÉRALES
état chez certaines femmes plutôt que chez d’autres, c’est qu’interviennent ici des questions de terrain et de moindre résistance.
Chez la femme enceinte, « il se produit toute une série de modifications des tissus qui créent des prédispositions morbides lors de la période puerpérale » . Jeannin rappelle que Charrin en reconnaît deux principales :
V hyperglycémie (40 fois sur 100), qui favorise l’éclosion des infections en facilitant la pullulation des parasites;
La déminéralisation , provenant du passage du fer de l’organisme maternel dans l’organisme fœtal (Charrin et Guillemonat).
Les conditions individuelles de moindre résistance sont créées par Y épuisement nerveux , les intoxications (Rossi-Doria, Congrès de Rome, 1895) locales ou générales, les infections concomitantes , et surtout la longueur , la difficulté du travail et les hémorragies. Pinard et Wallich, dans leur ouvrage sur le traitement de l’infection puerpérale, ont insisté sur ces conditions favorables à la production des infections.
Symptômes. — Nous avons vu, au chapitre de l’étiologie, que généralement Y infection puerpérale est polymicrobienne ; ce qui explique pourquoi il est impossible de décrire une streptococcie puerpérale, une gonococcie puerpérale, une coli-bacillose puerpérale, une infection puerpérale produite par tel ou tel anaérobie. Dans les cas exceptionnels où il s’agit d 'infection monomicrobienne les signes particuliers, invoqués par certains auteurs pour établir des formes cliniques en rapport avec tel ou tel agent microbien, ne sont pas suffisamment nets et caractéristiques pour justifier semblable classification. Aussi doit-on se contenter, d’une manière un peu schématique, de diviser les infections puerpérales en deux grandes classes, selon qu’elles produisent : A. des lésions localisées à l’appareil génital, ou suivant qu’elles déterminent : B. une infection généralisée ou se traduisant à distance.
Cette classification n’est point absolue, puisque les lésions locales de l’appareil génital s’accompagnent presque toujours de symptômes généraux, plus ou moins accusés, et qu’il est rare qu’une infection générale existe sans lésions de l’appareil génital.
Si l’infection est localisée, elle ne se traduit que par des modifications dans les caractères physico-chimiques des lochies, par de la sensibilité douloureuse dans la sphère génitale ; théoriquement elle ne doit pas s’accompagner de phénomènes généraux indiquant que l’organisme est envahi par les microbes ou par leurs toxines. Cependant il est bien rare que cette infection reste tellement localisée qu’elle ne retentisse pas quelque peu sur l’état général en produisant une légère hyperthermie.
Lorsque l’infection est généralisée, elle s’annonce par des signes plus ou moins accusés suivant les cas, et qui doivent éveiller immédiatement l’attention de l’accoucheur. Les plus importants de ces signes sont :
1° Le frisson. Le frisson survient rarement avant 24, 56, 48 heures; le plus habituellement vers le 5e jour, quelquefois plus tard, le 4e ou 5e jour. Il s’accompagne d’une sensation de froid très accusée, à laquelle succèdent des sueurs profuses;
ENDOMÉTRITE PUE R P É 1 1 A LE .
2° La fièvre , se traduisant par l'accélération du pouls et l’élévation de la température. Nous avons déjà insisté, à propos des soins à donner aux accouchées, sur la nécessité impérieuse de prendre au moins deux fois par vingt-quatre heures la température axillaire ou la température centrale. Si le thermomètre marque plus de 58 degrés et surtout si d’emblée il monte à 59 ou 40 degrés, il faut rechercher la complication qui cause cette hyperthermie.