PRONOSTIC DES INFECTIONS PUERPÉRALES
Exceptionnellement, la péritonite puerpérale généralisée peut ne pas passer à la purulence et rester fibrineuse. Widal en cite une observation dans sa thèse.
On peut retrouver le streptocoque ou d’autres germes dans les fausses membranes.
Le streptocoque est le germe qui se rencontre le plus souvent dans les foyers de suppuration consécutifs à la pyohémie puerpérale. C’est lui qui a fait le pus et l’infection. Mais d’autres microbes peuvent agir de même, nous l avons vu au chapitre de l’étiologie. C’est également le streptocoque qui produit le plus souvent les thrombus au sein des parenchymes : d’où les foyers d’apoplexie pulmonaire, les abcès miliaires, etc.
Enfin, dans les formes de septicémie puerpérale qui tuent sans suppuration ni fausses membranes, on a trouvé des microbes divers disséminés dans les divers organes et dans le sang ; mais c’est le streptocoque qui est le plus fréquemment en cause.
Pronostic. — Lorsque des accidents d’infection surviennent chez une accouchée, le pronostic varie essentiellement suivant la nature et l’intensité de ces accidents. Ce que nous avons dit à propos de la symptomatologie des principales formes d’infection permet de comprendre combien le pronostic diffère suivant les cas.
D’une manière générale, les accidents sont d’autant plus inquiétants qu’ils se manifestent plus tôt. Ainsi, toutes les fois qu’un frisson intense, ne pouvant être expliqué par une maladie intercurrente, survient dans les quarante-huit heures qui suivent l’accouchement, le pronostic est grave. Il le devient encore plus si les frissons se répètent et si la température reste élevée malgré le traitement antithermique et malgré un traitement local (lavage utérin, écouvillonnage, etc.). Dans certaines formes de septicémie, la marche des accidents est tellement rapide que d’emblée raccoucheur peut porter un pronostic fatal.
Un des éléments du pronostic est fourni par la localisation ou la non-localisation des accidents. Ainsi, lorsque chez une femme accouchée depuis trois ou quatre jours, on trouve des signes manifestes d’inflammation utérine ou péri-utérine, le pronostic est moins défavorable que dans les cas où les frissons se répètent, où la température reste élevée sans que l’on constate de phénomènes de localisation. Cependant lorsqu’il existe de la péritonite aiguë ou subaiguë, le pronostic est fort grave.
Le pronostic dépend encore de la rapidité avec laquelle le médecin fait le diagnostic de la nature infectieuse des accidents observés et de la célérité avec laquelle il prescrit un traitement rationnel. Lorsque ce traitement est institué (irrigations utérines, curettage), s'il amène une diminution assez marquée des accidents, s’il produit un abaissement de température qui se maintient pendant vingt-quatre et quarante-huit heures, le pronostic immédiat est favorable; la malade a échappé à un danger imminent, elle reste toutefois exposée à des complications tardives dont la phlegmatia alba dolens est la plus fréquente.
L’examen bactériologique et les cultures faites avec le sang de la malade