‹ Précis d'obstétriqueChapitre 552 sur 692 · PRONOSTIC DES INFECTIONS PUERPÉRALES · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DES INFECTIONS PUERPÉRALES

ou avec les liquides s’écoulant de l’utérus ne fournissent que des indications peu précises au point de vue du pronostic.

La recherche de la formule leucocytaire de l’infectée donnera des renseignements utiles. Carton (4)* qui a principalement étudié l’infection, postpartum écrit entre autres conclusions dans sa thèse : « L’infection puerpérale se caractérise par une hyperleucocytose polynucléaire dont Y intensité indique le degré de gravité. La réaction sanguine passe par les trois stades de poly nucléose, de mononucléose et éosinophilie. La guérison s’annonce par la chute de la courbe des leucocytes et des polynucléaires et par l’apparition d’éléments basophiles et éosinophiles. L’étude quotidienne de ces réactions peut servir à établir un pronostic, et peut-être même à guider le traite ment. » Mouchotte et Lhermite, qui ne se sont occupés que de l’infection post-abortum, prétendent que dans les cas où la guérison est à espérer, la polynucléose est modérée ou d’intensité relative, Léosinophilie plus ou moins active et que, lorsque la résistance organique a été vaincue, la polynucléose est intense, l’éosinophilie nulle.

Par l’examen clinique, par l’analyse minutieuse des symptômes généraux et locaux, on arrive d une manière assez précise à formuler un pronostic.

Le pronostic des infections puerpérales devient de moins en moins grave pour diverses raisons : alors même qu’il y a infection utérine manifeste, l’emploi des antiseptiques atténue notablement la virulence des microbes pathogènes; de plus, la notion que les suites de couches doivent être apyrétiques force le médecin à se préoccuper immédiatement de toute élévation de température survenant chez l’accouchée. Si l’on observe encore des femmes manifestement infectées, il devient de plus en plus exceptionnel de voir des femmes chez lesquelles cette infection revêt une forme rapidement mortelle. Aussi lorsqu’une femme présente une septicémie atténuée, a-t-elle des chances sérieuses de guérir; toutefois il est difficile de déterminer quels accidents elle pourra présenter avant d’être rétablie.

Traitement. — Les détails que nous avons donnés sur les soins antiseptiques à prendre pendant les derniers temps de la grossesse, au moment de l’accouchement, pendant les suites de couches, nous dispensent d’insister sur le traitement prophylactique des infections puerpérales. Les statistiques modernes, qui donnent une mortalité par infection puerpérale inférieure à 0,50 pour 100, démontrent toute l’importance de l’antisepsie et de l’asepsie à ce point de vue.

Dans la pratique de la ville, la mortalité et la morbidité par infection puerpérale doivent être à peu près milles, à la condition que l’asepsie soit parfaite, non seulement de la part de la personne qui préside à l’accouchement, mais encore, et surtout peut-être, de la part de la garde qui donne les soins consécutifs. Le même idéal peut être réalisé dans les Maternités, à la condition qu elles soient installées suivant les règles de l’hygiène moderne et que, dès qu’une femme présente une élévation de température qui peut

(*) Carton, Contribution à l’étude des modifications du sang pendant V accouchement et les suites de couches normales et pathologiques. Thèse de Paris, 1903.

Page 1