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BAINS FROIDS ET SÉROTHÉRAPIE

sans rémission notable autour de 40 degrés, et qu’on a constaté l’impuissance de la médication utérine et des antithermiques médicamenteux. Ces bains sont administrés à une température variant de 18 à 28 degrés, le premier étant donné à 28 degrés environ. Les bains sont renouvelés toutes les trois heures jusqu’à ce que la température de la malade soit descendue à 58 degrés et y reste avec de simples oscillations de quelques dixièmes le soir.

0. Macé(1) a fait connaître les bons résultats obtenus à l’aide des bains froids dans des cas observés dans les services de Maygrier et de Quénu. D’après Tarnier, il faut préciser les indications de la méthode réfrigérante : les bains froids sont mauvais dans les cas où il existe déjà de la suppuration,, de la péritonite ou de la phlegmatia; ils sont inutiles dans la septicémie purulente pure dans laquelle la température présente de grandes oscillations et redevient spontanément normale pour s’élever ensuite. Les bains froids sont au contraire indiqués dans les cas où la septicémie est restée utérine, sans provoquer nulle part de dépôts purulents ou dans les cas de septicémie putride. En dehors des bains froids qui ne sont pas toujours facilement acceptés dans les familles et qui peuvent ne pas être longtemps tolérés par les malades, on peut employer les ablutions froides répétées toutes les deux heures sur la nuque et les membres avec une éponge trempée dans de l’eau à la température ambiante, ou bien mettre pendant quelques minutes sur le dos, les cuisses et le ventre des serviettes mouillées, ou enfin pratiquer d’une manière presque permanente des enveloppements dans un drap mouillé.

Sérothérapie . — Les infections observées chez les femmes après l’accouchement étant le plus habituellement causées par le streptocoque , il était indiqué pour les bactériologistes de chercher, d’après la méthode pastorienne, un sérum antistreptococcique destiné à guérir les femmes infectées; la difficulté est de pouvoir injecter aux animaux déjà immunisés des cultures très virulentes ou des toxines très actives du streptocoque; ce micro-organisme est en effet d’une virulence très variable.

Marmorek (2) est arrivé, en faisant passer le streptocoque un grand nombre de fois par l’organisme du lapin, à lui donner une virulence extraordinaire : une culture injectée sous la peau à la dose de un cent-milliardième de millimètre cube tue le lapin en trente heures. Les animaux immunisés qui sont inoculés par ce microbe si virulent et ceux qui reçoivent de fortes doses de la toxine qu’il produit, fournissent un sérum préventif et curatif(3).

(f) 0. Macé, Bull, de la Soc. obstétr. de France, oct. 1894.

(2) Marmorek, Société de biologie, 23 février 1895.

(3) Dans un autre mémoire, Marmorek (Le streptocoque et le sérum antistreptococcique. Ann. de V Institut Pasteur, juillet 1895) résume ainsi ce qu’il a observé dans le traitement de la fièvre puerpérale par le sérum antistreptococcique, qui est « spécifique et ne s’adresse qu’aux infections à streptocoque; il faut donc établir le diagnostic bactériologique de la maladie. Une malade infectée par le bacterium coli, par exemple, ne bénéficiera nullement du sérum antistreptococcique.... Le sérum agit d’autant mieux qu’on l’administre plus tôt et que l’infection puerpérale est simple, c’est-à-dire causée par le streptocoque seul. L’association du bacterium coli est une complication fâcheuse qui n’est pas influencée par le sérum.

« Nous tenons pour nuisible toute intervention intra-utérine, telle que lavage, curettage, qui

SÉROTHÉRAPIE.

Dans la même séance de la Société de biologie à laquelle Marmorek faisait sa première communication, Roger a rappelé que depuis longtemps déjà il poursuivait, avec Charrin, chez les animaux, le traitement de l’infection streptococcique par l'injection du sérum des immunisés; Charrin et Roger avaient même déjà avec prudence appliqué cette méthode à deux femmes infectées après l’accouchement. Roger rappelle qu'on peut vacciner les animaux contre le streptocoque par trois procédés principaux : injection dans les veines d’une culture atténuée; inoculation sous-cutanée d’une culture virulente; injection intra-veineuse d'une culture stérilisée. C’est à cette dernière méthode que Roger eut recours pour vacciner des mulets dont il essaya le sérum (4) contre diverses affections à streptocoques et notamment contre la fièvre puerpérale. Les premières tentatives thérapeutiques, faites avec l'aide de M. Charrin (Société de biologie , *25 février et 50 mars 1895) ont donné des résultats encourageants, confirmés par Josué, Ilermarv, Jacquot. Il est démontré actuellement que le sérum antistreptococcique provenant d’animaux immunisés au moyen de cultures stérilisées, ne présente aucun danger; injecté à la dose de 50 à 40 centimètres cubes, il abaisse la température, amène, dans les cas de plaie diphtéroïde, le détachement des fausses membranes, améliore rapidement l’état général ; son innocuité est telle qu on peut répéter plusieurs fois de suite des injections de 50 centimètres cubes. Dans un cas d une gravité extrême, on a introduit 500 centimètres cubes de sérum ; la malade, revue plusieurs mois plus tard, n'a présenté aucun trouble consécutif. Les injections n'amènent aucune complication; quelquefois cependant Roger a observé de 1 urticaire et quelques douleurs d ailleurs passagères dans les articulations. Les résultats sont d’autant meilleurs qu'on intervient plus tôt ; employé au début de la fièvre puerpérale, le sérum peut arrêter court son évolution ; employé à une période plus tardive, il ralentit le processus et transforme les cas aigus en cas à marche lente. Son influence heureuse se fait sentir après la guérison, car la convalescence est remarquablement courte. D’après IL Roger, le traitement de la septicémie puerpérale par le sérum « n’empêche pas l'usage des autres moyens thérapeutiques, notamment du curettage et des lavages intra-utérins. Il faut naturellement lutter contre les lésions locales, le sérum ayant pour effet non de détruire, mais d’atténuer les microbes. Sur 12 cas traités par le sérum de Roger, 1 1 femmes ont guéri ; une seule femme est morte probablement par suite* de l'insuffisance du nombre des injections. »

Les résultats fournis jusqu à présent par le sérum antistreptococcique ne

sont trop souvent l’occasion de nouvelles inoculations. Elles devront être réservées seulement aux cas de rétention de débris placentaires ou de pus, par cause mécanique. Seize femmes atteintes de lièvre puerpérale ont reçu du sérum. Ene était infectée par le bacterium coli seul. Elle doit être éliminée. Il reste quinze malades traitées qui se répartissent ainsi : sept cas à streptocoques seuls, morts : 0: trois cas où le streptocoque est associé aubactérium coli. morts : 5; cinq cas ou le streptocoque est associé au staphylocoque doré ou au staphylocoque blanc, morts : 2.

« Xous ne compterons pas plusieurs cas, traités avec succès par nos confrères de province, parce que nous n’avons pas pu les suivre ni établir le diagnostic bactériologique. Ce résumé montre nettement la différence d’action du sérum dans les infections puerpérales à association et les infections puerpérales à streptocoque pur. »

(b Congrès de médecine de Bordeaux , 12 août 1895.

SÉROTHÉRAPIE B A SS L’ISFECTIOS PUERPÉRALE.

sont pas probants; d’abord, au point de vue expérimental, meme chez les animaux, le sérum n’a pas un pouvoir préventif absolu. Ainsi le sérum de Marmorek, qui a une action très nette sur le streptocoque renforcé par lui expérimentalement et sur quelques autres, a une action fort inégale sur d’autres variétés de streptocoque. H. Mérv f *) a étudié à ce point de vue divers streptocoques venant des scarlatineux et sur lesquels le sérum de Marmorek s’est montré sans aucune action. Courmont a constaté des faits analogues en ce qui concerne l’érysipèle. Il existe donc parmi les streptocoques sinon des races, au moins des variétés différentes qui expliquent cette inégalité d’action. Aussi Marmorek, tenant compte de ces faits, a-t-il essayé d’immuniser le même animal avec des streptocoques d’origine diverse. 11 semble que le sérum ainsi obtenu ait une action beaucoup plus générale. C'est également dans le but d’agir contre plusieurs catégories de streptocoques que Van de Velde injecte un sérum polyvalent.

Il n’est point facile d’apprécier, au point de vue clinique, la valeur du sérum antistreptococcique qui, jusqu’à présent, a surtout une action immunisante, plutôt qu’une action curative (*).

Pinard a employé d’une manière systématique le sérum de Marmorek depuis le 1er janvier 1896 : il y a recours d'une manière préventive chez les femmes ayant une rupture prématurée des membranes, chez celles pour lesquelles on redoute l'apparition d’accidents infectieux et à plus forte raison chez celles qui présentent au moment de l’accouchement une élévation de température. Il s’en sert également chez les femmes qui présentent des suites de couches pathologiques.

Les différentes statistiques et publications concernant la valeur curative du sérum antistreptococcique ne permettent pas de se faire une opinion certaine. Les observations d'où sont tirées ces statistiques manquent ordinairement de base scientifique. Souvent il n’a pas été fait d’examen bactériologique, ou bien, si cet examen a été praticpié, il a été incomplet : les cultures en milieu anaérobie ont été omises. Or, on sait combien fréquemment les germes anaérobies sont associés au streptocoque; on sait quel rôle important ils jouent dans l'infection puerpérale. Et c’est probablement à leur action spéciale qu’il faut attribuer les échecs nombreux du sérum antistreptococcique.

Ce qui semble certain à l’heure actuelle, c’est que, contrairement à l’assertion de Marmorek, il ne faut pas, en présence d’accidents infectieux chez une accouchée, s’abstenir du traitement local et ne recourir qu'à la

A; H. Méry. Société de biologie. 18 avril 1806, 15 et 20 février 1807.

(2.) Bar et Tissier ont fait connaître (F Obstétrique, 15 mars et 15 mai 1806) les résultats obtenus par eux à l’aide de divers sérums.

1° Sérum de Marmorek. — Sur T cas. dans lesquels le streptocoque a existé presque seul, il y a eu 5 guérisons et 4 morts, 5 fois le streptocoque était associé : a. au colibacille. 2 fois : les 2 femmes sont mortes; b. au pneumocoque. 1 fois: la femme a guéri. Bans un cas les microorganismes en jeu n’étaient pas des streptocoques: la malade a guéri.

2° Sérum de Roger. — Sur 4 cas où il fut employé. 5 malades succombèrent: dans *2 cas le streptocoque existait seul : les femmes sont mortes; il en a été de même dans un autre cas où le streptocoque était associé au colibacille ; par contre k femme a guéri dans un où le streptocoque était associé au microbe de la grippe.

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