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SÉROTHÉRAPIE DANS L’INFECTION PUERPÉRALE

sérothérapie. « Si on peut soutenir que le traitement local n’a qu’une action médiocre et même, dans certains cas, nulle, il serait injuste de lui attribuer les échecs de la sérothérapie dans les faits que nous avons observés, et nous n’oserions pas, actuellement, dans les cas où l’infection parait devoir être sévère, cesser tout traitement local (Bar et Tissier). »

Pinard et Wallich (*) ont fait ressortir les dangers qu’il y aurait à recourir exclusivement à la sérothérapie. « Si l’on ne peut pas porter le diagnostic bactériologique au moment où apparaît l’infection, lors de la première élévation de la température chez la nouvelle accouchée, faudra-t-il pratiquer aussitôt et à tout hasard une injection de sérum, en se gardant de toute intervention intra-utérine dans la crainte d’inoculer de nouveau? Mais alors, si l’infection n’est pas à streptocoques, le sérum sera inactif, et, comme

aucun traitement local n'aura été fait, l’infection aura fait du progrès On

a le droit , puisque l’innocuité du sérum antistreptococcique est établie, de l’employer, mais on a aussi le devoir de recourir au traitement intra-utérin dont l’efficacité est établie. »

Injections à doses massives de sérum salé . — Certaines femmes présentent, pendant les suites de couches, des accidents infectieux tellement graves qu’ils peuvent résister au traitement utérin et à la sérothérapie antistreptococcique. Dans ces cas particulièrement sérieux, différents accoucheurs ont appliqué récemment le traitement par les injections à doses massives de sérum salé, faites dans le système veineux ou dans le tissu cellulaire sous-cutané. Les recherches physiologiques de Ilayem, de Dastre et Love, de Vaquez, ont montré qu’on pouvait, sans inconvénient, injecter des doses égales au quinzième ou au vingtième du poids du corps des animaux et que, sous l’influence de « l’irrigation de l’organisme », il y avait augmentation de la diurèse. De Swiecicki, dans un cas de septicémie grave, a obtenu la guérison de sa malade en lui faisant absorber un litre de solution salée d’abord toutes les heures, puis toutes les deux ou trois heures, au moyen d’une sonde stomacale. Plus récemment différents auteurs, Michaux, Lejars, etc., ont repris cette question du traitement de la septicémie postopératoire par des injections de sérum salé. Ces auteurs recommandent des injections intra-veineuses abondantes de 4, 5 ou fi litres dans les vingt-quatre heures. On peut, avec des quantités moindres (1000 à 1500 gr.), obtenir des résultats satisfaisants (2).

On peut recourir à ce « lavage du sang » dans les cas d’infections graves dès le début ou lorsqu’on se trouve en présence d’une accouchée ayant

fl) Pinard et Wallich , Traitement de l'infection puerpéra le, p. m. G. Steinlieil, écL, Paris, 1896.

(2) Mourette ( Essai sur le lavage du sang. Thèse de Paris, 1896) dit que « dans les infections le mode d’action est encore mal connu. Il est probable que l’injection aide d’une part à l’élimination des toxines et active de l’autre la phagocytose Les infections générales, la péritonite, la

lièvre puerpérale, le choléra, le tétanos, l’état de shock semblent au plus haut degré justiciables de cette méthode. Il est probable que le nombre des mafadies infectieuses soumises à ce traitement va s’accroître rapidement.... Les intoxications, telles que l’anémie et l’éclaqipsie, semblent devoir en bénéficier. Les lésions cardiaques, rénales et pulmonaires, certaines affections médicales graves, semblent être une contre-indication de l’injection intra-veineuse, tandis que l’injection sous-cutanée n’en reconnaît aucune.

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