LAPAROTOMIE DANS L’INFECTION PUERPÉRALE
4° Traitement des accidents douloureux et inflammatoires des annexes et du péritoine. — Ces accidents peuvent être localises à l’utérus et à ses annexes ou bien généralisés au péritoine. Le traitement ne diffère guère.
La glace, appliquée sur la région abdominale qui est protégée par une épaisseur de llanelle, calme les douleurs et modère l’inflammation, à la condition d’ètre employée d’une manière continue. On la met dans une vessie de porc ou de caoutchouc plus ou moins grande, ou bien on fait un cataplasme glacé en mélangeant de la glace finement cassée à delà graine de lin.
Les émissions sanguines locales (ventouses scarifiées, sangsues) sont employées avec avantage quand il existe des lésions des annexes de l’utérus.
Si les symptômes abdominaux sont très marqués, on peut avoir recours, sans grand espoir, aux onctions sur le ventre avec une pommade hvdrargyrique belladonée, ou mieux avec la pommade mercurielle double. On renouvelle ces onctions matin et soir, jusqu’à ce qu’il se produise un érythème assez intense.
5° Laparotomie. — Tousces moyens sont considérés, par nombre d’accoucheurs, comme insuffisants. Ils pensent être plus logiques en présence d’une femme ayant une péritonite causée par septicémie puerpérale en incisant la paroi abdominale, en drainant cette cavité après lavages avec de l’eau bouillie ou de l’eau boriquée. Les résultats obtenus par cette méthode sont jusqu’à présent peu encourageants, presque toutes les femmes ayant succombé peu de temps après l’opération. Il est vrai de dire que presque toutes ont été opérées alors que leur situation était quasi désespérée; cependant, il est à craindre que les résultats ultérieurs ne soient guère meilleurs, car, dans ces cas de péritonite suffisamment caractérisée pour indiquer l’intervention chirurgicale, il y a en même temps infection générale de tout l’organisme.
Bouillv(1) a pratiqué l’un des premiers la laparotomie chez des femmes ayant une péritonite puerpérale généralisée, au milieu des symptômes les plus graves : sur six femmes, dont deux opérées in extremis , quatre sont mortes et deux ont guéri (2).
bien elle s’est généralisée et l’action locale est incapable d’atténuer les effets d’une infection qui a envahi tout l’organisme. Ce sont, au moins, deux hypothèses qui peuvent être émises et qui doivent conduire aux indications suivantes :
« a. Contre l’action locale imparfaite, il y a une indication très simple : recommencer à agir localement et curettcr à nouveau. Quel que soit le soin ou l’habileté de l’opérateur, il faut bien admettre que l’abrasion de la muqueuse, théoriquement et pratiquement, ne peut être complète et parfaite, et que la curette a peut-être négligé un coin de cavité utérine ou un point de la surface qui suffit à entretenir les phénomènes infectieux. Dans tous les cas, il n’y a aucun inconvénient, pour répondre à ces probabilités, à recommencer le curettage dans les conditions que nous avons indiquées. C’est ce que nous avons fait, avec succès, un certain nombre de fois.
« b. Si, au contraire, l’ascension de la température est sous la dépendance de la généralisation de l’infection, on n’aura rien fait d’inutile en curettant de nouveau, mais on n’aura rien fait d’utile non plus.
(( Que faire alors? Jusque dans ces derniers temps nous disions : avoir recours à l’irrigation continue, car diverses observations nous ont montré que, par ce moyen, l’absorption par l’organisme des liquides antiseptiques avait pu arrêter les progrès de l’infection généralisée et amener la guérison. Aujourd’hui, je vous dis : recommencez l’irrigation continue et pratiquez des injections de sérum antistreptococcique. »
(4) Traitement chirurgical de la péritonite. Congrès de chirurgie , 1890, p. 223.
(2) En rassemblant, dit Tarnier [De l’asepsie et de l’antisepsie en obstétrique , p. 721), les