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ABCÈS DU SEIN

seins : après les avoir recouverts de larges compresses bouillies de tarlatane et de taffetas gommé ou de gutta-percha laminée, on applique une forte épaisseur d’ouate non hydrophile et on serre le tout avec une bande de flanelle de 10 mètres de longueur et de 6 centimètres de largeur. Ce pansement est défait au bout de trente-six ou de quarante-huit heures. On a soin, en le faisant, de bien relever le sein en le dirigeant en haut et vers la ligne médiane.

Abcès du sein. — Galactophorites. — La lymphangite, superficielle ou profonde, peut aboutir à la formation d’une paramastite, d’un abcès du sein, circonscrit ou diffus.

Quant à la mastite puerpérale vraie , elle serait surtout due à l’inflammation des canaux galactophores (Lannelongue, Bouchacourt, Tripier, Duplay, etc.). C’est l’opinion qui avait été soutenue autrefois par Chassaignac, qui avait fait remarquer que, dès le début de l’affection, en pressant sur la glande, on fait sourdre par le mamelon, c’est-à-dire par les conduits galactophores, du pus en même temps que du lait. Cet argument a été repris par Budin, qui a proposé le nom de galactophoro- mastite pour indiquer à la fois la nature et la cause de cette complication. Delbet reproche à cette dénomination de laisser croire que « les lésions ont leur siège exclusif ou principal au niveau des conduits galactophores, tandis que c’est dans les parties profondes de la glande, dans les acini, qu’elles atteignent leur maximum ».

Quoi qu’il en soit, la mastite puerpérale est dans la majorité des cas une inflammation canaliculaife. « Les micro-organismes, apportés soit par la bouche ou les yeux de l’enfant, soit par les mains de la mère, sont déposés sur le mamelon. S’ils y trouvent des crevasses, ils ont plus de chance de vivre et de se multiplier. De là ils pénètrent dans les canaux galactophores, et, plus ou moins favorisés par la stase laiteuse, ils remontent jusque dans les acini, où ils provoquent le maximum des lésions » (Delbet).

L’engorgement laiteux ne suffit point, en effet, pour produire l’inflammation de la glande. Il faut qu’il y ait pénétration de micro-organismes, ainsi que l’ont montré les recherches bactériologiques de Bumm, d’Escherich, de Piaute, de Colin, d’Emma Meritt, qui ont trouvé des micro-organismes variés, tels que des streptocoques, des staphylocoques blancs et dorés; Bumm a constaté l’existence d’un microcoque semblable au gonocoque.

Il n’y a pas d’agent microbien spécial pour la mastite : presque tous les microbes pyogènes peuvent la produire. Chez les animaux il n’en est pas de même : Nocard a trouvé, dans la mammite contagieuse des vaches laitières et dans celle des brebis laitières, des micro-organismes particuliers dont il a démontré expérimentalement la virulence.

Il est un dernier point de la patbogénie des mastites puerpérales, c’est le transport, la localisation des micro-organismes pathogènes par le sang : il semble légitime d’admettre que dans certains cas exceptionnels, chez une femme ayant eu des phénomènes d’infection, les microbes pyogènes peuvent produire au niveau du sein une inflammation parenchymateuse, une véritable localisation. C’est probablement lorsque la mastite se développe ainsi par précis d’obstétrique. 82

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