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RACHITISME INTRA-UTÉRIN

sont les variétés de ces lésions traumatiques, qui n’ont d’ailleurs qu’un intérêt médiocre au point de vue obstétrical.

Il n’en est pas de même des plaies produites sur le fœtus par des manœuvres abortives, ainsi que Tardieu, Bayard, etc., en ont rapporté des exemples; Tarnier a vu un fœtus de quatre mois présenter à la tête une plaie contuse produite par l’introduction intempestive d’un hystéromètre dans l’utérus. Il faut toutefois se rappeler, lorsqu’on examine un embryon expulsé à la suite de manœuvres abortives, que le passage à travers un col résistant d’un fœtus très malléable peut suffire à produire des lésions

multiples qu’on attribuerait à tort au traumatisme exercé par un instrument.

Dans d’autres faits, le fœtus a été blessé au cours d’une opération abdominale, d’une incision de l’utérus résultant d’une erreur de diagnostic, d’une ponction de l’utérus, ou même au cours d’une opération césarienne.

Quant aux lésions traumatiques que peut subir le fœtus au cours de l’accouchement, elles ont été étudiées à propos des rétrécissements du bassin et des opérations obstétricales (forceps, version, etc.).

Rachitisme intra-utérin. — On désigne sous ce nom, ou encore sous celui de rachitisme fœtal , un état du squelette qui, à la naissance, rappelle les lésions qu’on observe sur l’enfant dans les premières années de sa vie.

Depaul, Parrot, Porak, Pinard, etc., en ont publié des cas intéressants.

Les os du crâne et de la face sont normalement développés; quelquefois il y a un peu d’hydrocéphalie; mais certaines fontanelles et sutures restent à l’état normal.

La colonne vertébrale ne présente aucune particularité dans sa direction ni dans sa structure intime.

Fig. 541. — Femme atteinte de rachitisme Le thorax est évasé à Sa base; les

congénital chez laquelle Ribemont-Dessai- cft{es et les Cartilages COStauX SOllt reilgnes a pratique 1 operation césarienne. ° ;

versés en dehors. Les côtes présentent un renflement très marqué à leur extrémité antérieure ; elles sont très rapprochées les unes des autres. Les clavicules sont courtes, de telle sorte que les omoplates sont rejetées en arrière.

Le ventre est volumineux comme s’il était distendu par un épanchement

RACHITISME I N TR A-ÜTÉ R 1 A .

ascitique; les membres supérieurs, et surtout les inférieurs, sont courts, volumineux, et présentent des courbures très marquées des os; il y a un défaut complet d’ossification des os du pied et de la main. Le pied est dirigé en dehors par rapport à la jambe. La peau qui recouvre ces membres est doublée d’une couche épaisse de graisse et forme des plis assez marqués.

Le bassin peut être normal (Ratke) ; assez souvent il est aplati d’avant en arrière; le pubis et les branches ischio-pubiennes restent cartilagineuses.

Quant aux lésions osseuses, elles sont variables; tantôt les os sont plus ossifiés qu’à l’état normal, ils semblent formés par du tissu compact et présentent un aspect éburné; tantôt ils sont mous, flexibles, à peine ossifiés, et peuvent présenter en différents points des fractures (Spiegelberg, Guéniot, Depaul) ou tout au moins des solutions de continuité; c’est à cette forme qu’on donne le nom de rachitisme congénital , à tort selon Depaul, qui n’admet pas que ce soit là réellement du rachitisme ; car les lésions envahissent presque tout le squelette, les déformations se font en sens inverse de l’action des muscles, et les lésions sont localisées au système osseux, tandis que dans le rachitisme vrai l’ organisme entier est malade.

On distingue donc deux variétés de rachitisme intra-utérin : 1° le rachitisme fœtal, qui aurait débuté à une époque peu avancée de la vie intrautérine; les os se seraient consolidés en conservant les attitudes vicieuses qui se produisent pendant la période de ramollissement : c’est le rachitisme micromelica de Winckler, caractérisé par le raccourcissement des membres et l’épaississement des diaphyses; 2° le rachitisme congénital avec des os mous, friables, s’accompagnant souvent de fractures, se prolongeant dans la vie extra-utérine : c’est le rachitisme annulaire de Winckler.

Parrot n’admet pas l’existence du rachitisme intra-utérin comme entité morbide; les deux variétés de ce prétendu rachitisme ne sont que des degrés différents d’altérations syphilitiques du système osseux du fœtus ; dans cette affection les couches chondroïdes ne sont pas exubérantes et ne donnent pas naissance au processus caractéristique du rachitisme, au tissu spongoïde ; de plus le cartilage est à peu près complètement dépourvu de sa couche ostéogénique, de telle sorte qu’il ne prend qu’une minime part au développement de l’os. Aussi Parrot désigne-t-il cette malformation sous le nom d 'achondroplasie ; c’est la même dénomination qu’admet Porak, qui divise ainsi les anomalies qui surviennent pendant la vie intra-utérine dans le développement du système osseux du fœtus :

1° Une hypertrophie qui parcourt toute son évolution dans les premiers temps de la vie intra-utérine : c’est le rachitisme fœtal , qui se différencie essentiellement du rachitisme par l’absence certaine des lésions osseuses qui caractérisent cette dystrophie. Cette achondroplasie peut être héréditaire; les chiens bassets, dont la lésion est la même, en offrent un bel exemple dans la série animale. Ribemont-Dessaignes a pratiqué il y a quelques années une opération césarienne chez une femme atteinte de rachitisme congénital dont le bassin était extrêmement vicié. L’opération donna naissance à une fille vivante atteinte de la même maladie (fig. 541). En dehors précis d’obstétrique. 83

MALFORMATIONS CONGÉNITALES

de l’hérédité, on ne connaît guère comme cause que la gémellité et le crétinisme ;

2° Le rachitisme vrai, qui serait commun chez le foetus ;

5° La syphilis osseuse, qui peut aboutir à la production du tissu spongoïde, caractéristique du rachitisme vrai. C’est dans ces deux dernières variétés qu’on observe les fractures chez le foetus. De plus elles peuvent présenter un accroissement notable après la naissance et être le point de départ de lésions inflammatoires; c’est ainsi qu’on peut observer à la suite de ces lésions, après la naissance, des phlegmons qui tuent souvent les petits malades.

Pinard et Lepage ont observé en 1895 un cas de rachitisme intra-utérin avec lésions absolument identiques chez deux jumelles (thèse Carton, 1895); il y avait eu chez la mère de ces deux fœtus une hydramnios considérable qui avait nécessité la ponction des membranes. Pinard est disposé à admettre que ces malformations peuvent reconnaître pour cause la syphilis héréditaire chez l’un des parents.

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