HERNIE INGUINALE CONGÉNITALE
Hernie inguinale congénitale. — Lorsqu’une anse d’intestin ou d’épiploon pénètre dans le canal inguinal ou le scrotum en glissant à l’intérieur du canal péritonéo-vaginal anormalement perméable, on dit que la hernie est congénitale.
Ce qui caractérise cette variété de hernie, ce n’est donc pas tant d’exister à la naissance que se produire à la faveur d’une disposition congénitale. C’est le plus souvent dans les jours ou les semaines qui suivent la naissance que la hernie apparaît sous l’influence des cris et des efforts de l’enfant. Elle peut aussi ne se montrer que beaucoup plus tardivement, plusieurs années après la naissance et même pendant l’adolescence.
11 y a lieu d’établir une distinction parmi les hernies inguinales, suivant que le testicule occupe dans les bourses sa position normale ou qu’il est en ectopie (l).
Lorsque le testicule est dans le scrotum, et que le canal péritonéo-vaginal est perméable sur toute sa longueur, la hernie peut descendre au contact du testicule qui occupe la partie inférieure de ce conduit qui leur forme ainsi un sac commun. C’est la variété la plus fréquente de hernie congénitale : la hernie vaginale complète ou testiculaire (2).
Lorsque la hernie congénitale coïncide avec une ectopie testiculaire, elle reste rarement à côté ou en arrière de lui. Fréquemment, au contraire, elle le dépasse, vient faire saillie à l’orifice externe du canal inguinal, le long du cordon et même descend jusqu’au fond du scrotum, alors que le testicule est retenu plus haut dans le canal inguinal ou à la racine des bourses. Il est souvent très difficile de maintenir le testicule hors du canal inguinal, lorsque par le taxis on s’efforce de refouler dans l’abdomen une hernie inguinale congénitale. Les pressions exercées sur l’intestin agissent en même temps sur le testicule et le font rentrer avec la hernie.
Parfois c’est le testicule qui, en s’appliquant sur l’orifice externe du canal inguinal, l’oblitère à la façon d’une pelote de bandage et s’oppose à la réduction de la hernie (3) .
La hernie inguinale congénitale, lorsqu’elle n’est pas trop volumineuse, tend à guérir spontanément par oblitération du conduit vagino-péritonéal, accolement des parois du canal inguinal et rétraction de ses orifices. Cette guérison est favorisée par l’action d’un bandage qui maintient l’intestin et l’empêche de distendre le canal inguinal.
P) La hernie inguinale congénitale n’est pas spéciale au sexe masculin. On la rencontre aussi, bien que plus rarement, chez la femme où elle se produit grâce à la persistance du canal de Nuck.
(2) Le canal péritonéo-vaginal, quoique perméable dans toute son étendue, présente souvent un certain nombre de points rétrécis. Le rétrécissement le plus constant et le plus marqué siège à l’orifice externe du canal inguinal. La hernie peut être ainsi divisée en deux renflements superposés : hernie en bissac, hernie en sablier.
La hernie ne vient pas toujours au contact du testicule; elle est arrêtée dans sa descente par une oblitération du canal péritonéo-vaginal rétréci ou transformé en cordon fibreux sur une portion de sa longueur ou fermé par un diaphragme membraneux qui cloisonne sa cavité.
Suivant le point où s’arrête l’intestin, la hernie est dite funiculaire , inguino-pubienne , interstitielle.
‘ (5) On voit parfois une hydrocèle ou un kyste du cordon coïncider avec une hernie inguinale
congénitale.
IMPERFORATION DE L’ANUS,
La hernie inguinale congénitale ne présente pas toujours une évolution aussi heureuse : elle peut causer des douleurs vives dues à la compression par le bandage du testicule ectopié qu’on ne parvient pas à isoler suffisamment de la hernie. Parfois la hernie est irréductible. Enfin elle peut s'étrangler au niveau des rétrécissements et des hrides que présente le canal péritonéo-vaginal .
Le diagnostic de la hernie est en général facile. On 11e la confondra pas avec une hydrocèle, un kyste du cordon, un testicule en ectopie. Le diagnostic de hernie une fois établi, il faut rechercher par l'exploration du scrotum et du canal inguinal si la hernie est simple ou si elle s’accompagne d’une ectopie testiculaire.
Lorsque la hernie apparaît chez un nouveau-né, on se contentera, en raison de sa tendance à la guérison spontanée, de la maintenir réduite par un bon bandage. Kirmisson fait porter pendant les six premiers mois de la vie un bandage en caoutchouc avec pelote insufflée : on le maintient constamment en place. Après six mois, si la hernie a encore tendance à sortir dehors, on le remplace par un bandage muni d’une pelote à ressort. Kirmisson conseille de ne pas supprimer trop tôt le bandage et de le conserver plusieurs années après que la hernie a disparu; c’est le moyen d’éviter une récidive.
Lorsque ces moyens ont échoué ou lorsque le port du bandage est rendu intolérable par suite des douleurs testiculaires, il est indiqué de pratiquer la cure radicale de la hernie.
Imperforation de l’anus. — L’imperforation de l’anus est une malformation congénitale due à Y arrêt de développement (‘) de l'anus et du rectum et caractérisée par le défaut de communication de ces organes avec l’extérieur.
Le plus souvent, cette imperforation n’est pas reconnue à la naissance, mais, dans les heures ou les jours qui suivent, on remarque que le bébé 11e salit pas ses langes, qu’il crie, refuse le sein ou qu’il vomit après avoir tété.
Le ventre est dur, ballonné, les anses intestinales se dessinent sous la paroi abdominale.
L’examen de l’anus fournit des renseignements différents suivant les cas : tantôt l’orifice anal est oblitéré par une membrane superficielle qui se tend et bombe pendant les cris et les efforts de l’enfant et dont la minceur est
1 Chez l’embryon, l’extrémité inférieure de l’intestin et le pédicule de la vésicule allantoïde s’ouvrent dans un cul-de-sac commun, le cloaque, fermé du côté de l’extérieur par une mince membrane résultant de l’adossement de l’ectoderme et de l’endoderme, la membrane anale. Par multiplication de ses éléments ectodermiques, cette membrane anale s’épaissit de façon à constituer un volumineux bouchon dit bouchon cloacal de Tourneux qui obture le cloaque.
Sur les parties latérales du cloaque apparaissent bientôt deux replis (replis de Rathke) dont la soudure sur la ligne médiane a pour résultat de diviser cette cavité primitivement unique en deux cavités secondaires : une antérieure uro-génitale, une postérieure intestinale. Le conduit intestinal, désormais séparé du conduit uro-génital, est encore fermé du côté de l’extérieur par le bouchon cloacal de Tourneux. Il va s’ouvrir grâce à une résorption partielle de ce bouchon qui peu à peu se creuse d’une dépression de plus en plus profonde et finalement se transforme en un orifice, l’orifice anal.
Lorsque, par arrêt de développement, l’évolution précédente ne se produit pas, l’intestin se termine, en cul-de-sac et il y a une imperforation de l’anus.