‹ Précis d'obstétriqueChapitre 588 sur 692 · FRACTURE S LN TR A-UTÉ RI N E S · texte numérisé non relu

FRACTURE S LN TR A-UTÉ RI N E S

du fœtus. — C’est l’ancienne théorie de Chaussier, qui pensait à tort que l’amputation résultait d’un processus gangreneux se développant sur le membre; Kristeller l’attribue à une lésion de la peau donnant lieu à une cicatrice qui, par sa rétraction, sectionne les tissus ; les recherches histologiques de Suchard, P. Bar et Jeannel ont montré que la peau au niveau du sillon ne présente aucune lésion, mais que le tissu adipeux sous-cutané est remplacé par un tissu fibreux épais.

Le processus aurait donc quelque analogie avec celui qui amène l’amputation spontanée (aïnhum) dans certaines races.

2° Amputations produites par une bride amniotique . — C’est là un fait certain : on voit des amputations dues à l’enroulement d’une bride de l’amnios autour d’un doigt, d’un membre, qui sont venus s’étrangler dans l’anse formée par deux brides (fig. 340). On peut voir sur la même main les différents degrés d’amputation sur les doigts qui peuvent être plus ou moins enserrés par les brides. Cette théorie de Montgomery est vraie dans la presque totalité des cas.

Fractures intra-utérines. — L’histoire des fractures intra-utérines a été résumée (1888) par Yilcocq, qui, après en avoir fait Lhistorique, les divise en fractures :

1° Traumatiques, qui proviennent de causes directes (coup de pied, coup de bâton, chute) ou de causes indirectes. On a même prétendu (le fait est démontré) que, sous l'influence seule de la contraction utérine, les os du crâne peuvent être fracturés pendant le passage de la tête à travers un bassin rétréci : c’est là une question importante au point de vue médico-légal.

2° Avec arrêts de développement ou vices de conformation : ce sont les plus fréquentes; elles siègent de préférence sur les os de la jambe et en particulier sur le tibia. Elles s’accompagnent d’anomalies (diminution du nombre des orteils, déformation des pieds, arrêt de développement du péroné, etc.). L’interprétation de ces fractures est difficile; d’après Houel, Brodhurst, elles seraient dues au rachitisme intra-utérin. D’après Vilcocq, il semble que le traumatisme joue un rôle important dans la production de ces fractures. Villemin a cherché à préciser les caractères différentiels de la fracture intra-utérine d’origine traumatique et de celle dite spontanée pour laquelle il propose la dénomination d’ « affection congénitale du tibia ». Dans la fracture d’origine traumatique il n’existe pas de trouble de développement des extrémités osseuses ni des orteils ; de plus, la radiographie

Fig-. 547. — Amputations congénitales des quatre membres.

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