III. — FRACTURES DES MEMBRES
C’est généralement à la suite de la version ou de l’extraction du siège qu’on observe ces lésions. Il est utile de les diagnostiquer aussitôt que possible après la naissance, afin d’en prévenir la famille. Ces fractures peuvent siéger :
A. Au niveau de la clavicule. — Cette fracture est assez difficile à reconnaître en raison du peu de déplacement des fragments. Les fractures de clavicule s’observent surtout dans les cas de présentation du siège. Küstner a étudié le mécanisme de ces fractures qui se produisent : a) par cause indirecte. En glissant la main derrière l’épaule postérieure pour saisir le bras correspondant, on comprime trop fortement les clavicules dans le sens de leur longueur; on fait éclater un de ces os en exagérant sa courbure en S. Le trait de fracture siège habituellement à l’union du tiers externe et des deux tiers internes de l’os, c’est-à-dire au sommet de la courbure externe; — b) par cause directe. Cette fracture se produit lorsque, après le dégagement des bras, on appuie trop fortement sur la clavicule l’extrémité des doigts recourbés en crochet. Du reste, les fractures de clavicule sont relativement rares parce que c’est à leur niveau que débute l’ossification. Les signes les meilleurs sont, outre les commémoratifs, la douleur spontanée et surtout provoquée par la pression. La crépitation est rare. Cette fracture se consolide facilement. Il suffit d’immobiliser légèrement le bras le long du corps en maintenant le membre supérieur contre le thorax avec des épingles attachées aux vêtements ou au moyen de quelques tours de bande.
B. Au niveau du membre supérieur. — C’est l’humérus qui est habituellement cassé au niveau de sa partie moyenne. C’est en voulant dégager le bras défléchi que cet accident se produit. L’opérateur perçoit, en même temps qu’un bruit sec, la résistance vaincue. Après la naissance, l’enfant est impotent du bras, il remue seulement les doigts. La crépitation peut être perçue. On réduit le mieux possible la fracture et on maintient le liras fixé le long du thorax.
C. Au niveau des membres inférieurs. — Il est exceptionnel que les os de la jambe soient intéressés. On observait autrefois des fractures de la partie supérieure du fémur lorsqu’on employait les crochets, les lacets, etc. Ces lésions deviennent tout à fait exceptionnelles au cours de la version ou de l’extraction du siège. Il suffit généralement de procéder avec douceur pour les éviter. Le diagnostic est très facile en raison de la déformation du membre, de la douleur et de la crépitation. Il n’est pas possible d’appliquer des appareils à extension continue. Il suffit d’ailleurs le plus habituellement
(4) Si la correction ne peut être obtenue par ce moyen, on pratiquera la ténotomie du sternocléido-mastoïdien et, comme précédemment, on immobilisera la tête en bypercorrection à l’aide d’un appareil plâtré.
HÉMORRAGIES MÉNINGÉES ET CÉRÉRRO-SPINALES.
d ‘immobiliser le membre à l’aide d’attelles de carton et d’un pansement ouaté. Crédé a conseillé de fixer pendant quinze jours le fémur en flexion sur le bassin au moyen d’une bande passant au-dessous du creux poplité. D’une manière générale, les fractures du nouveau-né s’accompagnent de peu de déplacement. Elles sont parfois assez difficiles, surtout les fractures de l’humérus, à distinguer du décollement des épiphyses. Ce diagnostic n’a d’ailleurs pas grand intérêt puisque le traitement est le même et consiste dans l’immobilisation. La consolidation se fait beaucoup plus rapidement que chez l'adulte, ces fractures étant presque toujours sous-périostées.