FORME DE L’UTÉRUS GRAVIDE
lOj. — utérus ù l’élat de vacuité.
fis. 106.— Ut-'rusau deuxième mois de la grossesse.
Moreau a observé un utérus pesant 1 700 grammes. Si la surface extérieure de l’utérus est 21 fois plus grande au terme de la grossesse qu’à l’état de vacuité, comme l’a montré Levret, le poids de cet organe subit une augmentation qui peut approximativement être exprimée par le même chiffre.
Le poids semble d’ailleurs proportionnel à la surface.
Forme'. — Les différentes régions du corps de l’utérus ne se développent pas simultanément, mais bien successivement.
Dans les deux })remiers mois de la r/rossesse, la capacité de l’utérus s’accroît surtout grâce à ce que ses parois antérieure et postérieure, de planes qu’elles étaient, deviennent presque demi-cylindriques. Il en résulte qu’elles s’écartent l’une de l’autre et s’unissent avec les bords, en donnant à l’utérus un aspect piri forme (fig. 106).
Au troisième mois l’utérus est presque sphérique (fig. 107). A partir de ce moment, le fond fournit l’élémentprincipal de l’accroissement de l’utérus, qui prend une forme ovoïde bien marquée au cinquième mois et au sixième mois de la grossesse.
Les rapports du point d’intersection des trompes avec le fond de l’utérus montrent les modifications de forme que subit cette région (fig. 108). Sur un utérus vide, les trompes s’insèrent au niveau du bord supérieur de l’organe; au cinquième ou sixième mois grossesse cette insertion s’en trouve assez éloignée.
Le segment inférieur de Vulérus se développe enfin dans les trois derniers mois de la grossesse (fig. 109). L’organe prend alors la forme d’un ovoïde à grosse extrémité supérieure, et légèrement aplati d’avant en arrière. Il n’y a pas seulement un développement successif des différentes régions de l’utérus, mais un développement inégal. Ainsi la région antérieure de cet ovoïde est plus convexe que la région postérieure qui présente sur une coupe une sorte de dépression en rapport avec la saillv*- Je l’angle sacro-vertébral (fig. 119, p. 164).
La partie supérieure de l’ovoïde qui représente le fond de l’utérus est rarement régulière. Herrgott père a montré dans sa thèse® que cette région était assez souvent inégalement développée et que la moitié droite du fond de î’utérus, le plus habituellement occupée par l’extrémité pelvienne du fœtus, se trouvait plus élevée que la moitié gauche (fig. 109).
De même, en règle ordinaire, la partie antérieure du segment inférieur de l’utérus est plus développée que la partie postérieure. Il en résulte que l’axe longitudinal de l’ovoïde utérin passe en avant du col.
Fiff. 107. — Utérus au livisième mois de la grossesse.
* Les figures 105, 106, 107, 108 et 109 sont environ au 1/7“ de la grandeur naturelle.
* Herrgott. Essais sur les différentes variétés de forme de la matrice pendant la gestation et l'accouchement. Strasbourg, 1859.