‹ Précis d'obstétriqueChapitre 144 sur 713 · MODIFICATIONS DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

(Max Miskemann, Nasse, (^uinquaud) : ce dernier auteur a constaté en outre une diminution du pouvoir respiratoire du sang et des matériaux solides du sérum.

V albumine est également diminuée : au lieu de la quantité moyenne de 70,5 sur 1 000 que contient le sang de la femme non gravide. Becquerel et Rodier n’ont trouvé que 66,1 chez la femme enceinte. Régnault donne les chilfres de 68,6 dans les sept premiers mois, de 66,4 dans les deux derniers.

La fibrine diminue pendant les premiers mois dans le sang de la femme enceinte; à partir du sixième mois elle augmente progressivement jusqu’à l’accouchement.

La moyenne physiologique de la fibrine étant de 3 sur 1000, elle descend à 2,5 pendant les six premiers mois, puis remonte à 4,3 pendant les trois derniers mois. Cette augmentation de la fibrine rend le sang plus coagulable et contribue à modérer l’hémorrhagie qui accompagne toujours la délivrance; bien que transitoire, elle persiste un certain temps après l’accouchement.

he fer diminue un peu de quantité; il descend de 0,541 sur 1 000 à 0,449.

Les matières grasses, les substances phosphorées augmentent : il y a au contraire diminution des sels du sérum.

Cœur. — Le cœur s’hypertrophie pendant la grossesse : Larcher signala le premier, en 1827, cette hypertrophie qui porte sur le ventricule gauche dont l’épaisseur des parois est augmentée d’un quart au moins. Le ventricule droit et les oreillettes conservent leur épaisseur normale. Ducrest, interne de Beau à la Maternité, confirma par ses recherches les résultats de Larcher; de même Blot montra par des pesées que le poids du cœur augmentait de plus d’un cinquième, puisqu’il s’élevait en moyenne à 291 grammes au lieu du poids normal de 220 à 230 grammes, Peter admet que tout le cœur s’hypertrophie pendant la grossesse.

Cette hypertrophie totale ou partielle est-elle constante? Sans nier son existence, comme l’ont fait à l’étranger G. Gerhard, Friedreich, Niemeyer, Lohlcin, on peut admettre que l’hypertrophie du ventricule gauche, bien que fréquente, peut manquer.

C’est à elle sans doute, en même temps qu’aux modifications subies par le sang, qu’il faut attribuer le bruit du souffle signalé chez les femmes enceintes par Jacquemier, qui l’a trouvé une fois sur quatre. Ce souffle présente des caractères assez variables ; il existe au premier temps ; parfois c’est un frôlement léger qui ne couvre pas complètement le bruit du cœur auquel il répond. Il disparaît presque toujours après l’accouchement.

Système artériel. — C’est encore aux mêmes causes qu’il faut attribuer les modifications du pouls qui est « plus dur, plus développé et souvent plus fréquent qu’à l’état normal » (Tarnier et Chantreuil). L’augmentation de tension artérielle aurait été constatée depuis longtemps par les tracés sphygmographiques pris par plusieurs observateurs : C. Paul pense que ces tracés indiquent plutôt les variations de la tension que la tension elle-même et, comme l’a dit Marey, le sphygmographe « ne donne que l’expression des variations, en plus ou en moins, de la tension artérielle, variations qu’il traduit par des oscillations plus ou moins grandes, selon qu’il est plus ou

Page 1