MODIFICATIONS DE I/APPAREIL URINAIRE
de l’œuf et des tissus de l’utérus : l’organisme entier participe à cet accroissement par le fait de l’activité plus grande des fonctions d’assimilation (Gassner).
En dehors des phénomènes de compression exercés sur l’intestin par l’utérus gravide, il faut signaler l’état graisseux du foie auquel Tarnier avait rattaché la glycosurie des femmes enceintes.
Modifications de l’appareil urinaire. — Par suite du développement de l’utérus, la vessie est peu à peu entraînée au-dessus du détroit supérieur; rurèthre « est allongé, tiraillé en haut, appliqué derrière la symphyse pubienne; le méat urinaire se cache sous le pubis et devient moins facile à découvrir qu’en temps ordinaire. Toutes ces modifications augmentent les difficultés du cathétérisme et nécessitent quelquefois l’emploi d'une sonde courbe ou élastique » (Tarnier et Chantreuil).
Cette ascension de la vessie n’est que transitoire; sur la plupart des coupes de femmes enceintes pratiquées après congélation, on voit la vessie SC cacher derrière le pubis lorsqu’elle est vide; elle devient facilement saillante et visible sous la paroi abdominale lorsqu’elle est remplie, en raison du peu d’espace qu’elle peut prendre dans la cavité abdominale.
Les reins sont généralement augmentés de volume et congestionnés.
La réaction de l’urine des femmes enceintes est le plus souvent acide, quelquefois neutre, rarement alcaline. La quantité d’eau augmente tandis ((ue la proportion des matières solides décroît à mesure qu’on approche du terme de la grossesse. Cette urine contient moins d’acide urique, moins d’urée, de phosphates, de sulfates, de créatinine, de créatine qu’à l’état normal.
Les chlorures subissent une augmentation attribuée par Chalvet et Barlcmont à une désassimilation des tissus de la mère : ces chlorures se'^issolvant facilement dans l’eau passent sans altération dans les urines.
Quant à la kyestéine qui se révèle sous l’aspect d’une pellicule irisée à la surface de l’urine conservée dans un verre à réactif exposé à l’air, elle n’a pas la valeur d’un signe certain de grossesse, comme Nauche l’avait cru : elle n’est point due à une substance organique spéciale qui se produirait seulement pendant la gestation. Elle est formée de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, de vibrions et de monades; on l’observe dans l’urine des femmes non gravides et dans celle des hommes.
La présence du sz<cre dans l’urine des femmes enceintes ou en couches a été signalée pour la première fois en 1857 par H. Blot sous le nom de glycosurie physiologique ; il en exagéra la fréquence en l’admettant chez la moitié des femmes enceintes. Kirsten ne Ta en effet rencontré que rarement et en petite quantité. De Sinéty a montré que la présence du sucre est surtout due à la lactation, ainsi que Blot l’avait admis.
Modifications du système nerveux. — Le système nerveux est plus impressionnable pendant la grossesse que pendant la vacuité de l’utérus : ces changements se font sentir sur l’intelligence, les facultés effectives et sur différentes fonctions. Parfois ces modifications sont telles qu’ elles se manifestent sous des types divers de névroses.