VERSION SPONTANÉE
femme en travail, il peut arriver exceptionnellement que cette mauvaise présentation se transforme en une meilleure [version spontanée) ou que le fœtus, petit ou macéré, soit expulsé par un mécanisme [évolution spontanée) analogue à celui que nous avons étudié à propos des autres présentations.
A. Version spontanée. — La version spontanée a été bien observée, dès 1772, par A. Denman (de Londres), qui vit que la présentation de l’épaule pouvait se transformer spontanément en présentation du siège (Version pelvienne) ou du sommet (Version céphalique) par suite du glissement du fœtus au niveau de l’aire du détroit supérieur : dans le premier cas, ce glissement fait sucessivement occuper par le flanc, puis par le siège du fœtus, la situation précédemment occupée par l’épaule; dans le second, il fait remonter l’épaule du côté où se trouve le siège et ramène la tête en bas.
B. Évolution spontanée. Mécanisme de V accouchement. — L’évolution
Fig. 299. — Présentation de l’épaule gauche en position droite. (D'après Farabeuf et Varnier,)
spontanée est plus rare encore que la version spontanée. Signalée par Douglas, elle fut admise par différents auteurs et en particulier par P. Dubois, qui la décrivit ainsi : « Après la rupture des membranes, le premier effet des contractions utérines, c’est le pelotonnement du fœtus; celui-ci se moule dans la cavité contractile dans laquelle il est contenu. Puis les contractions continuant avec énergie, l’épaule s’engage dans la filière du bassin; alors le pelotonnement du fœtus est plus considérable; l’épaule arrive au détroit inférieur sur le plancher du bassin. Là le fœtus subit un mouvement de rotation qui place l’épaule sous le pubis; alors le bras se dégage hors de la vulve. Dans le mouvement de rotation, la tête s’est trouvée portée au-dessus du pubis. Si l’on suppose maintenant des contractions énergiques, celles-ci engagent le fœtus dans l’excavation du bassin.... On verra donc se dégager le côté de la poitrine, le côté proprement dit, les hanches, puis les fesses. » On retrouve ainsi, dans ce dégagement du fœtus par évolution spontanée, les temps similaires du mécanisme normal de l’accouchement en présentation du sommet.
MÉCANISME DE L’ACCOUCHEMENT
1" Temps d’amoindrissement par pelotonnement. — Le fœtus se tasse sur lui-même sous l’influence des contractions utérines répétées.
La figure 500, qui représente un fœtus de 2480 grammes ayant subi l’évolution spontanée (la photo graphie a été faite parRihemont-Dessaignes peu de temps après l’expulsion) montre bien quelle attitude le fœtus est obligé de prendre pour pouvoir ainsi traverser la filière pelvienne.
Il est facile de comprendre, en voyant la figure 301, qui représente une coupe du même fœtus dans cette attitude, que le fœtus doit presque fatalement succomber : les principaux organes abdominaux sont fortement comprimés par la tête fœtale.
2« Temps. Descende ou engagement. — Sous l’influence des contractions répétées de l’utérus et du tassement que subit le fœtus, l’épaulo pénètre de plus en plus dans l’excavation ; elle s’abaisse de telle sorte qu’à un moment donné le membre supérieur homonyme est complètement hors de la vulve.
Pendant ce mouvement de descente, la tête fœtale reste élevée au- , ,
, 1 1 't •». ' 500.— Fœlus s’étant présenté par l’épaule et dessiné (J apres
dessus du détroit supé- une photographie) dans l’attitude qu’ll occupait pendant révolution rieur. spontanée. (Ribemont-Dessaignes.)
3® Temps. Rotation extra-pelvienne du tronc. — Pour que l’épaule puisse s’abaisser complètement, il faut que le fœtus exécute un mouvement de rotation tel que la partie dorsale et supérieure du tronc vienne se mettre