‹ Précis d'obstétriqueChapitre 300 sur 713 · DE L'INVERSION UTÉRINE · texte numérisé non relu

DE L'INVERSION UTÉRINE

5Si

cas, cet accident avait été causé par des tractions brutales exercées sur le cordon ; dans l’autre cas, il semble que l’inversion s’éta.t produite spontanément. D’après Pinard, l’inversion vaginale serait plus grave que l’inversion avec issue hors des organes génitaux, parce qu’elle est plus facilement méconnue.

Traitement. — Indiquons rapidement ce qu’on pourrait appeler le traitement preventir de l’inversion utérine : surveiller l’utérus après raccouchement; attendre, pour exercer des tractions sur le cordon, que le placenta soit entièrement décollé de l’utérus et ne jamais pratiquer la délivrance sans avoir une main appliquée sur le fond de l’utérus; il est même plus prudent de ne jamais faire de tractions sur le cordon.

Le traitement curatif immédiat comprend deux indications principales à remplir : 1“ réduire l’inversion; 2" s’opposer à sa reproduction, et combattre les accidents qui peuvent persister après la réduction.

1“ En présence d’une inversion qui vient de se produire alors que le placenta est détaché et enlevé, il ne faut, quel que soit le degré de l’inversion, songer qu’à la réduire. Toutefois Pinard insiste sur l’utilité qu’il y aà rentrer d’abord dans le vagin l’utérus inversé, avant de chercher à le retourner.

Si le placenta est encore adhérent, convient-il de le décoller au préalable pour réduire immédiatement après? Yaut-il mieux, au contraire, réduire en masse utérus et placenta et ne déeoller ce dernier qu’après avoir, par les moyens appropriés, redonné à l’utérus sa tonicité physiologique?

Le degré de l’inversion et l’étendue de l’adhérence placentaire doivent être ici pris en considération. Si l’inversion est incomplète, et \e placenta complètement adhérent, on réduit d’ abord, puisque l’adhérence totale du placenta met à l’abri de l’hémorrhagie ; puis on excite l’utérus par les frictions, le massage, et Ton ne procède à la délivrance qu’après avoir constaté l’état de parfaite rétraction de l’organe.

Si l’inversion est complète, et le placenta totalement adhérent, il n’y a pas à hésiter entre les deux conduites. La séparation du placenta rend moins volumineuse la tumeur utérine qu’il s’agit de faire passer à travers le col plus ou moins rétracté, de plus elle ne favorise pas l’hémorrhagie, alors même que la réduetion présente quelques difficultés.

Quand le placenta est partiellement décollé, il est encore plus indispensable d’en achever le déeollernent, et de réduire ensuite.

La réduction sera d’autant plus facile qu’elle sera plus hâtive.

Plus on attend, plus elle devient laborieuse par suite de l’augmentation do volume de la masse à réduire, d’une part, et, d’autre part, par suite du retrait du col utérin. On a pu cependant réussir à remettre l’utérus en place, une ou plusieurs semaines après l’accident.

La femme est placée dans la situation obstétricale. Deux aides maintiennent les cuisses écartées, un autre immobilise l’utérus parla région hypogastrique.

La l'éduction est inslrumentcde ou manuelle.

La réduction instrumentale peut être obtenue à l’aide de pessairc à air introduit dans le vagin, ou à l’aide de repoussoir, comme l’ont conseillé Yiardel, Baudelocque, Depaul.

Le repoussoir, composé d’une baguette de bois solide, à extrémité mousse

Page 1