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DES SOINS A DONNER DANS LES CAS DE MORT APPARENTE

La première est formée d’une partie conique qui sert d’embouchure et sur laquelle on peut monter une poire en caoutchouc, et d’une autre partie, conique également, mais aplatie latéralement. Ces deux parties sont réunies par leur base. En ce point existe une double couronne de perles dont les aspérités fournissent une prise solide qui empêche l’instrument de vaciller entre les doigts.

La portion bucco-laryngienne présente une courbure calquée sur la courbure du conduit bucco-laryngien d’un enfant nouveau-né de volume moyen et congelé, la tête étant placée dans une attitude intermédiaire à l’extension et à la flexion, position naturelle dans laquelle est placé pendant l’insufflation l’enfant qu’il s’agit de ranimer.

La portion buccale est formée par un tube cylindrique et présente une

double courbure moulée sur la saillie du rebord alvéolaire et sur la concavité de la voûte palatine.

La portion laryngienne a la forme d’un cône très court aplati sur les côtés et séparé d’un bouton terminal par un léger étranglement circulaire sur le contour duquel la concavité de la courbure qui regarde se trouve situé l’orifice de sortie de l’air.

La courbure particulière, anatomique, de cet insufflateur en rend l’introduction plus aisée en même temps qu’elle assure son maintien dans le larynx. Le reflux de l’air est empêché par la forme conoïde de la portion laryngienne qui bouche hérmétiquement la glotte. L’oblitération parfaite de la glotte assure la pénétration silencieuse de l’air dans les voies aériennes. Le tube est-il au contraire engagé par erreur dans l’œsophage, l’air qui s’en échappe produit alors un gargouillement sonore qui avertit immédiatement l’opérateur que le tube a fait fausse route.

Enfin une poire de caoutchouc épais de 28 centimètres cubes de capacité peut s’adapter à l’embouchure de l’insufflateur (fig. 324). Son fond est percé d’un trou assez large.

Des expériences cadavériques ont montré que les poumons d’un nouveau-né peuvent sans danger d’emphysème recevoir 30 centimètres cuhes d’air à chaque inspiration artificielle. En trois ou quatre insufflations faites à l’aide de la poire on arrive à remplir d’air les poumons d’un nouveau-né.

Manuel opératoire. Aspiration des mucosités. — La première indication à remplir est d’enlever les mucosités de l’arrière-bouche. On se sert

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5G2 des soins a DONNER DANS LES CAS DE MORT APPARENTE.

pour cela du doigt entouré d’un linge fin. Pour enlever les liquides qui oui pu pénétrer dans les voies respiratoires, on a conseillé de pratiquer l’aspiration bouche à bouche : dans cette manœuvre, l’accoucheur applique sa bouche sur celle du fœtus recouverte d’un linge fin et après lui avoir bouché le nez, on fait quelques inspirations profondes; cette manœuvre ne saurait être recommandée que dans les cas où l’on n’a aucun instrument à sa disposition. Mieux vaut se servir d’une sonde élastique de petit calibre que l’on introduit doucement dans la trachée et à l’aide de laquelle on peut faire l’aspiration. L’insufflateur de Ribemont-Dessaignes remplit le but. Ce tube étant introduit dans le larynx, il est indispensable d’extraire avant la première inspiration artificielle les mucosités, les liquides qui, presque toujours, embarrassent les voies aériennes.

Cette aspiration peut se faire soit à l’aide de la poire, soit à l’aide de la bouche appliquée directement sur le tube, ou sur l’orifice du fond de la poire.

Si l’on confie cette aspiration à l’élasticité de la poire, on commence par boucher avec la pulpe du pouce l’orifice placé sur le fond de la poire.

Une pression exercée par le pouce comprime alors la poire dans sa longueur, en chasse l’air, et maintient le réservoir aplati.

Dans cet état il est ajusté sur le tube. Puis le pouce, sans cesser de boucher l’ouverture de la poire, cède peu à peu, et se laisse repousser par l’élasticité du caoutchouc. En reprenant sa forme, la poire fait ainsi le vide dans l’arbre aérien, aspire les mucosités et les fait pénétrer dans le tube. Afin de les y engager davantage, autant que pour en attirer une plus grande quantité, on sépare le réservoir du tube laissé en place et comme la première fois on l'aplatit pour en expulser l’air, puis on l’adapte de nouveau sur l’insufflateur et l’on fait une deuxième aspiration. Lorsque, après deux ou trois manœuvres semblables, on pense avoir aspiré la plus grande partie des mucosités, l’insufflateur est lui-même retiré ; un courant d’air rapide poussé à travers le tube à l’aide de la poire le débarrasse entièrement des liquides visqueux dont il s’était chargé.

Si les mucosités trop épaissies par le méconium résistent à l’aspiration ainsi faite, on doit chercher à les entraîner à l’aide d’une forte aspiration faite avec la bouche appliquée soit sur le fond de la poire préalablement fixée sur l’insufflateur, soit directement sur le tube.

Il est nécessaire d’enlever aussi complètement que possible les mucosités contenues dans la trachée : on facilite ainsi la pénétration spontanée de l’air dans les poumons et on évite pendant les jours suivants les pneumonies septiques dues à la présence des mucosités dans les voies aériennes. Toutefois on ne peut enlever ainsi que les liquides qui n’ont pas pénétré dans la profondeur de l’arbre aérien. Ce n’est que sous l’influence des mouvements respiratoires que ces liquides seront peu à peu entraînés dans l’arrière-gorge où on pourra aller les chercher avec le doigt chaque fois qu’il se produira une sorte de gargouillement indiquant que l’entrée et la sortie de l'air sont gênées par des mucosités.

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