‹ Précis d'obstétriqueChapitre 310 sur 713 · METHODE DE L’INSUFFLATION PULMONAIRE. 5G · texte numérisé non relu

METHODE DE L’INSUFFLATION PULMONAIRE. 5G

respiratoires. Tant que les battements du cœur persistent, même très espaces, il ne faut pas perdre espoir : on ranime de temps à autre des nouveaunés chez lesquels ces battements du cœur si peu fréquents sont les seuls signes extérieurs qui différencient le fœtus né en état de mort apparente de celui qui est réellement mort. Ce n’est parfois qu’au bout d’une demi-heure, de trois quarts d’heure que le fœtus ébauche le premier mouvement respiratoire, ce n’est qu’au bout d’une heure et plus qu’il pousse son premier cri.

Dans certains cas, l’enfant fait quelques mouvements respiratoires, puis •cesse de respirer; ces cas sont généralement graves. On peut entretenir alors par la respiration artificielleprolongée les battements du cœur, mais ceuxci se ralentissent peu àpeu dès qu’on cesse l’insufflation et finissent par disparaître complètement.

« S’il ne faut pas se décourager trop vite lorsqu’on insuffle un enfant en état de mortapparente, dit Varnier*, ilne fautpas espérer non plus tirer d’affaire tous les sujets chez lesquels on prolonge ainsi l’insufflation au delà de trois quarts d’heure. On peut, il est vrai, en insufflant pendant des heures et des heures, entretenir les battements du cœur, mais on n’arrive pas à faire respirer l’enfant spontanément, etlorsque, fatigué par cette lutte dont on sent l’inutilité, on veut prendre quelques moments de repos, on voit brusquement en quelques instants les battements du cœur cesser définitivement. J’ai pu ainsi, à l’aide de l’insufflation, entretenir une fois pendant quatorze heures les battements du cœur chez un enfant qu’il me fut impossible de ranimer. »

Bonnaire a conseillé de combiner l’insufflation avec les inhalations d’oxygène ; elles facilitent sans doute l’hématose, lorsque le fœtus commence à respirer, mais seules elles ne sauraient suffire à ranimer les enfants. Pendant toute la durée des manœuvres de respiration artificielle, l’enfant sera maintenu enveloppé de linges qu’on renouvellera de manière qu’ils soient toujours très chauds.

Signalons deux méthodes de respiration artificielle qui ont pour but de faire exécuter à la cage thoracique des mouvements d’inspiration et d’expiration, sans introduire directement de l’air dans les poumons.

Revue pratique d'obstétrique et d'hxjgiène de l'enfance, avril 1888

Fig. 528. — L’extrémité de l’index sent les cartilages aryténoïdes; l’insufflateur est glissé sur la face palmaire de cet index qui lui sert de guide.

Page 1