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MÉTHODE DES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE

seillé d’y recourir dans les cas où le fœtus naît en état de mort apparente : « Ce procédé, dit-il, consiste à attirer fortement la langue en dehors et à faire exécuter à cette langue des mouvements énergiques d’avant en arrière. L’effet et l’importance de cette manœuvre résident principalement dans l’action puissante que l’excitation de la base de la langue et surtout sa traction exercent sur le réflexe respiratoire; cette traction peut, d’ailleurs, être réalisée d’une façon rythmique, en s’appropriant, en quelque sorte, au rythme de la fonction qu’il s’agit de réveiller.

« L’idée de l’emploi de ce procédé, si simple, nous a été suggérée par un souvenir expérimental : lorsque, dans notre laboratoire, nous sommes en présence d’un état syncopal ou asphyxique accidentel, chez un animal en expérience, notamment à la suite de l’anesthésie chloroformique ou chloraiique, en même temps que nous nous mettons en devoir de faire intervenir l’électrisation (par le passage des courants interrompus de la bouche à l’anus) et la respiration artificielle, notre premier soin est de saisir la langue — non pas seulement comme cela se fait en chirurgie pour dégager l’ouverture pharyngo-laryngée — ■ mais pour opérer sur elle des tractions réitérées et rythmées, qui suffisent souvent, à elles seules, pour provoquer le retour de la respiration, après une série de hoquets bruyants, d’abord passifs, c’est-à-dire répondant uniquement à la provocation, et devenant bientôt spontanés.

« Pour saisir et bien tenir la langue, qui glisse, on le sait, avec grande facilité, dans les conditions accidentelles, imprévues et extemporanées dont il s’agit ici, la préhension avec la main est la seule ressource : le moyen le meilleur et le plus sûr de la réaliser, c’est, en même temps que l’on s’est armé d’une cuiller (si l’on en a une à sa disposition) pour maintenir l’ouverture de la bouche et appuyer sur la base linguale, — - c’est, dis-je, d’entourer ses doigts d’un mouchoir, afin d’éviter, autant que possible, le glissement et l’échappement de la langue, qu’il ne faut pas craindre de tenir avec force et sur laquelle il faut tirer hardiment.

« Tel est le procédé, d’origine expérimentale, nous tenons à le répéter, qui nous a si merveilleusement réussi — • que nous n’avons trouvé signalé nulle part — et que, pour ce double motif, et dans un intérêt pratique sur lequel il n’est pas besoin d’insister, nous avons cru devoir recommander à l’attention de nos confrères, sans préjudice bien entendu des autres moyens rationnels adjuvants et usuels en pareille occurrence.

« En tout cas — et c’est là ma conclusion dernière — il ne faut jamais désespérer en de telles circonstances, si probable que la mort paraisse. »

Les résultats obtenus à l’aide de cette méthode dans le traitement de la mort apparente des nouveau-nés ont été publiés par Laborde, soit à l’Académie de médecine, soit dans la Tribune médicale : il faut bien reconnaître que nombre des observations rapportées sont fort incomplètes et que dans bien des cas « tout autre moyen que les tractions de la langue aurait rapidemœnt ranimé les enfants, en un mot, qu’il ne s’agissait pas toujours de cas bien graves » (Tarnier). Tout en montrant que souvent les tractions rythmées peuvent ramener à la vie des enfants nés en état de

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