VARIATIONS DANS U COMPOSITION DU LAIT
ün a remarqué que des vaches, soumises au même régime alimentaire, l'üurnissaient non seulement du lait en quantité bien différente, mais encore de qualité bien diverse : c’est ainsi qu’on distingue les vaches à beurre et les vaches à fromage. Vernois et Becquerel ont fait les mêmes constatations pour la femme, et pensent qu’il y a des femmes beurrier es et des femmes fromagères.
D’après Monte, le lait doit être considéré comme bon et propre à l’alimentation de l’enfant, lorsque, avec un poids spécifique de 1030 à 1035, il renferme de 3 à 5 pour 100 de graisse, il y a d’ailleurs une relation directe entre le poids spécifique et la quantité de graisse du lait. La menstruation n’a pas d’influence bien marquée sur ces deux éléments.
Vâge de la femme a une action manifeste sur la composition du lait : c’est entre vingt et trente ans que la femme a le lait le plus nutritif ; au delà de trente ans, le lait renferme moins de principes solides.
La multiparité a une influence très manifeste sur l’abondance et sur la qualité du lait à la condition que la femme ait déjà nourri lors des accouchements antérieurs. Il est d’observation vulgaire que chez la primipare il faut un certain temps pour que la sécrétion laiteuse s’établisse d’une façon régulière, tandis qu’à un second ou à un troisième allaitement, la femme aura plus rapidement du lait de bonne qualité en quantité suffisante.
Chez une femme qui nourrit, la menstruation amène habituellement une diminution dans la quantité du lait et une augmentation notable dans la proportion des matériaux solides, ainsi que l’ont établi les recherches de Becquerel et Vernois. Ces modifications sont surtout marquées à l’époque même des règles. D’une manière générale, une bonne nourrice n’est pas réglée; c’est surtout chez les primipares qu’on voit ainsi la mensti’uation réapparaître au cours de l’allaitement. « On remarque que, pendant l’écoulement des règles, l’enfant a des digestions plus difficiles, des garde-robes moins jaunes, moins homogènes, il est plus agité et crie plus souvent, son
accroissement se ralentit Puis, la période menstruelle passée, tout rentre
dans l’ordre. Le lait revient avec la même abondance et reprend une composition normale. En résumé, le retour des règles est un phénomène fâcheux lorsqu’il apparaît dans le cours de l’allaitement surtout au début, mais il ne suffit pas généralement pour qu’on l’interrompe. » (Tarnier et Budin )
La grossesse survenant pendant l’allaitement agit d’une manière dilférente suivant les femmes : chez les unes elle amène assez rapidement une diminution dans la quantité du lait, telle que l’enfant n’augmente plus ou n’augmente que d’une manière insuffisante. Chez d’autres le lait, bien que diminué en quantité, est plus riche en matériaux solides et l’enfant continue à augmenter de poids.
Il est cependant nécessaire de faire suspendre l’allaitement dès que le diagnostic de grossesse est posé; fournir ainsi les éléments nécessaires à l’accroissement d’un enfant et au développement d’un fœtus est en effet pour la mère une cause d’épuisement; en outre les succions exercées sur le mamelon peuvent avant l’heure éveiller la contraction utérine et amener, chez une femme prédisposée, l’avortement ou l’accouchement prématuré.