DES SUBSTANCES QUI PASSENT DANS LE LAIT
L'allaitement pratiqué par une femme enceinte est surtout nuisible au fœtus en train de se développer dans la cavité utérine.
Une alimentation abondante et substantielle augmente la quantité du lait ainsi que sa qualité, mais il est à l’heure actuelle bien difficile de déterminer quels sont les aliments (azotés, amylacés, etc.) qui améliorent la sécrétion laiteuse. Les expériences faites sur les femelles animales (vache, chienne, ànesse, etc.) ne sont pas concordantes.
Ce qu’on peut dire d’une manière générale, c’est que plus l’alimentation est complète, plus la sécrétion laiteuse sera suffisante pour le fœtus. « Du reste, le lait emprunte ses matériaux, non pas directement aux aliments, mais à l’économie, de sorte que si certains principes font défaut dans les aliments, le lait n’en est pas pour cela dépourvu, il les prend dans l’organisme et l’animal maigrit : inversement, si l’animal se met à engraisser, la sécrétion lactée diminue chez lui. » (Tarnier et Dudin.)
Les boissons augmentent la quantité du lait, mais en diminuent peut-être la qualité; cependant il est légitime d’admettre que les nourrices doivent absorber une plus grande quantité de liquidées, puisque leur alimentation est plus abondante. Le lait n’est pas une boisson utile aux nourrices, parce qu’elle provoque la diurèse aux dépens de la sécrétion lactée. La bière est généralement conseillée de même qu’un peu de vin pur; toutefois il ne faut pas en abuser, non plus que des boissons alcooliques, dont la trop grande absorption amène une inflammation de la muqueuse stomacale et devient souvent la cause d’agitation et d’insomnies chez le nourrisson.
Des substances qui passent dans le lait. — Nombre de substances ingérées par la mère passent dans le lait et peuvent en modifier les caractères physiques ou les propriétés physiologiques.
Chez les animaux, on a constaté que quelques plantes donnaient au lait une coloration particulière (rouge avec la garance, jaune avec le safran, etc.), ou une odeur spéciale (anisée, alliacée, etc.). Le lait de chèvres ayant brouté du colchique a pu produire des nausées, des vomissements chez les personnes qui en avaient bu.
D’après Cazeaux, la rhubarbe, administrée aux nourrices, produirait un eflet purgatif sur l’enfant.
l'alcool absorbé en trop grande quantité amènerait à la longue des phénomènes d’agitation, d’insomnie, des convulsions et un amaigrissement progressif. Des expériences faites sur les chèvres ont montré que l’alcool ingéré à la dose de 50 centimètres cubes ne passe pas dans le lait; à une dose plus forte (100 à 200 centimètres cubes), on trouve une proportion de 0,2 à 0,5 pour 100 de la quantité ingérée. Klingmann a fait les mêmes recherches chez la femme à la Clinique de Bonn : il a fait prendre à des nourrices une quantité d’alcool variant de 45 à 58 centimètres cuhes sous forme de vin mousseux ou de porto. Pendant les vingt-quatre heures suivantes le lait, extrait artificiellement, fut examiné avec soin : on n’y trouva pas trace d’alcool La glande mammaire en lactation détruit l’alcool plus activement que les reins, la peau ou les poumons. On peut donc administrer aux nourrices, à petites doses, des boissons alcooliques de bonne qualité; on ignore en effet com-