PANSEMENT DES SEINS
supprimer le pansement, laver le sein avec de l’eau bouillie ou légèrement salée et le recouvrir avec des compresses d’eau boriquée. — Avec les pansements au sublimé, les crevasses sont moins fréquentes et guérissent plus vite. Quand elles déterminent de vives douleurs pendant les tétées, je les fais badigeonner, cinq minutes auparavant, avec un pinceau imbibé d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 pour 20; puis je les recouvre avec un tout petit disque de coton hydrophile trempé dans la même solution. Au moment de mettre l’enfant au sein, le mamelon est largement lavé avec de l’eau ordinaire afin d’éviter l’empoisonnement par la cocaïne.
Lepage ‘ a également obtenu de bons résultats en appliquant au niveau du mamelon et de l’aréole un petit rond de linge aseptique imbibé d’un mélange à parties égales de glycérine et de liqueur de Van Swieten. Pinard emploie à la clinique Baudelocque la mixture suivante :
Glycérine. . . . 500 grammes
Eau stérilisée : , . . 450 —
Alcool 50 —
Biiodure de mercure 0,10 centigrammes
lodure de potassium q. s.
Sous l’influence de ce pansement, le mamelon se cicatrise plus rapidement : la liqueur de Van Swieten n’est point absorbée par le nouveau-né, puisqu’on a le soin de nettoyer la région avant chaque tétée. Ce pansement des seins constitue la véritable prophylaxie des lymphangites et par suite des abcès du sein.
Il est une précaution également indispensable à prendre dans le même but : c’est que les doigts qui se mettent en contact avec le mamelon soient chirurgicalement propres. Nous n’avons point à répéter ce que nous avons dit au sujet de la propreté des mains des personnes (médecin, garde) qui «oignent la femme; mais il importe également que la femme qui est obligée de toucher plus ou moins le mamelon avec ses doigts pour le mettre dans la bouche de son enfant au moment des tétées, fasse chaque fois un lavage soigneux des mains et des ongles. Nombre d’abcès du sein ne reconnaissent pas d’autre origine : il importe de vulgariser la connaissance de cette cause, au lieu d’invoquer l’action aussi banale que douteuse du froid.
Si l’on prend ces précautions, si l’on note avec soin la température matin et soir, on est averti de la moindre infection qui se produit par cette voie et l’on redouble de soins antiseptiques ; s’il y a un commencement de lymphangite, on suspend pendant quelques heures l’allaitement du côté malade, en faisant par-dessus le pansement un peu de compression ouatée. Il est rare qu’avec ces précautions un abcès arrive à se développer.
L’allaitement au sein maternel peut présenter en outre quelques difficultés si le mamelon est court et ne fait à la surface du sein qu’une saillie insuffisante. On a préconisé alors l’usage d’un certain nombre de bouts de sein, de téterelles qui ne rencontrent guère leur application; ce n’est que
■* Soc. de méd. imblique et d'hygiène professionnelle, 24 janvier 1894.