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DE L ALLAITEMENT PAR UNE NOURRICE MERCENAIRE

dans les cas où, par suite de faiblesse congénitale, le nouveau-né ne fait pas de mouvements de succion suffisamment énergiques qu’on peut avoir recours à ces appareils (qui doivent être rigoureusement propres) pour aspirer lé lait de la mère.

Lorsque le mamelon présente des solutions de continuité assez étendues, facilement saignantes, et que l’enfant absorbe du sang en même temps que le lait, il y a avantage à recourir temporairement à un bout de sein artificiel qu’il faut maintenir en permanence, dans l’intervalle des tétées, dans de l’eau boriquée saturée ou dans une solution alcaline (eau de Vichy par exemple).

Allaitement par une nourrice mercenaire. — Dans certains cas la mère ne peut, ou le plus souvent ne veut pas allaiter son enfant: il faut avoir recour.s à une nourrice mercenaire qui, malgré ses multiples inconvénients, est encore préférable à l’allaitement artificiel, si l’on n’envisage que l’intérêt de l’enfant qu’elle va allaiter.

Du choix d’une nourrice. — C’est une question fort délicate, qui nécessite de la part d’un médecin une grande attention ; car sa responsabilité s’y trouve jusqu'à un certain point engagée,

P. Le Gendre, dans un travail rempli de détails pratiques’, a fort judicieusement écrit : « La quantité de points qu’il faut éclaircir, lorsqu’on procède à l’examen d’une femme afin de savoir si elle remplit les conditions nécessaires pour être nourrice, est telle qu’on aurait déjà chance d’en omettre un, si l’on examinait tout à loisir une seule nourrice déshabillée dans les conditions d’un examen clinique ordinaire. Or combien la difficulté est plus grande et les chances d’omission plus nombreuses, quand on est obligé de se décider dans un bureau de placement, où une douzaine de nourrices au moins défilent devant nous, habillées, attifées, la plupart ayant préparé d’avance les réponses qu’elles doivent faire à des questions qu’elles ont prévues. Il est bien inutile de leur demander si elles digèrent bien, si elles toussent, si elles ont eu quelque maladie de peau ; elles vous répondront invariablement qu’elles jouissent d’une santé excellente et n’ont jamais fait un jour de maladie. Le meilleur parti est donc de ne faire que peu de questions et surtout de les faire très précises relativement à l’existence de tel ou tel symptôme, dont b valeur ne peut être qu’imparfaitement appréciée par la nourrice ; ainsi telle qui n’avouera pas un rhume, vous dira bien qu’elle a eu une pleurésie. Mais il faut surtout voir et toucher autant qu’on le peut et avec méthode, pour ne pas omettre, s’il est possible, l’examen d’un appareil important. »

Le premier examen qui doit être fait est celui du bébé de la nourrice : en règle générale, il ne faut prendre de nourrice qu’au tant qu’on voit le nourrisson, qu’on s’assure qu’il est en bonne santé et qu’il ne présente aucune manifestation spécifique. 11 faut donc examiner avec soin l’état des muqueuses buccale et anale de ce nourrisson, rechercher s’il n’a point de rnani festations syphilitiques au niveau de la plante des pieds ou de la face palmaii’c des mains, au niveau des testicules, etc. Comme ces accidents peuvent survenir pendant les cinq ou six premiers mois qui suivent la naissance, il ne faut

• Revue pratique d’Obstétrique et d’hygiène de l’enfance, 1888.

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