DU CHOIX D’UNE NOURRICE
autant par le désir d’avoir une belle qu’une bonne nourrice. Lepage a observé une nourrice qui, refusée dans plusieurs maisons à cause de sa dentition défectueuse, n’en a pas moins fait une nourrice excellente à tous points de vue. Cependant il ne faut pas oublier qu’avec une dentition en mauvais état, il est rare d’avoir un bon estomac et des digestions faciles ; d’ailleurs « l’existence d’une carie dentaire réserve à la nourrice des fluxions et des névralgies, très capables de troubler de temps en temps son appétit et son sommeil, ce qui est préjudiciable à l’enfant. » (P. Le Gendre.)
Les amygdales ne doivent pas être très développées : hypertrophiées, elles sont souvent le siège d’une inflammation chronique et d’angines aiguës à répétition qui obligent la nourrice à se soigner à intervalles plus ou moins rapprochés.
L’auscultation des poumons est autrement importante : l’examen de la poitrine doit montrer qu’il n’y a pas eu de pleurésie ancienne ni d’affection subaiguë delà poitrine ayant nécessité une révulsion prolongée. L’auscultation doit être pratiquée avec grand soin ; car toute femme suspecte de tuberculose ne doit pas nourrir. Il y aurait danger pour elle, puisque les fatigues de l’allaitement ne pourraient qu’aggraver son état, et danger pour le nourrisson.
L’examen du cœur doit faire constater l’absence de toute affection organique.
L’appareil digestif doit être également exploré pour savoir s’il n’y a pas d’hypertrophie du foie, de dilatation de l’estomac, etc.
La palpation de la région hypogastrique permet jusqu’à un certain point de constater qu’il n’y a pas de tumeur de la zone génitale non plus que d’affection douloureuse de ces organes.
Il devrait être usuel de pratiquer l’examen des organes génitaux pour s’assurer qu’il n’y a point de lésion suspecte des organes génitaux externes, pas de déchirure trop étendue du périnée, pas d’abaissement de l’utérus ni de lésions inflammatoires des annexes. Cet examen est trop souvent négligé dans la pratique; et cependant combien de ces pauvres femmes, accouchées dans de mauvaises conditions à la campagne, sont obligées de cesser l’allaitement parce qu’elles souffrent du bas-ventre, parce qu’elles ne peuvent porter l’enfant en raison d’un déplacement de l’utérus, ou parce qu’elles ont des métrorrhagies continuelles !
Pour être complet, l’examen d’une nourrice doit comprendre celui des urines.
11 faut s’assurer également que la nourrice ne présente pas les stigmates de l’hystérie ; qu’elle n’est pas sujette aux crises convulsives (épilepsie par exemple). Elle doit être, enfin, minutieusement interrogée au point de vue de ses antécédents héréditaires.
En résumé, pour qu’une femme soit une bonne nourrice mercenaire, il est préférable qu’âgée de vingt à trente ans, elle ait déjà allaité au moins un enfant antérieurement, que son enfant soit en bon état de santé et qu’elle ne présente aucune tare diathésique.
« La nourrice dont on fait choix, a dit Baudelocque, doit être d’un âge