LAIT DE VACHE
coup plus de caséine ; cette abondance de la caséine rend le lait moins digestible. Ainsi, dit Saint-Yves Ménard, « théoriquement ce lait employé pur no peut convenir qu’aux enfants déjà un peu avancés dont les mères ou les nourrices ont une lactation insuffisante. Et pour des nouveau-nés, il doit être modifié par l’addition d’une grande quantité d’eau sucrée. C’est ainsi qu’on en use d’ailleurs dans la pratique, excepté dans les cas où l’on emploie les
ilicvres comme nourrices D’ailleurs le lait de chèvre, pour être plus
abondant et moins cher que le lait d’àncsse, n’est pas encore à la portée de tout le monde. 11 est difficile de s’en procurer dans les villes, où les bêtes s'accommodent mal de la stabulation. De plus, les chèvres n’ont pas encore été modifiées par la stabulation au point de mettre bas en toute saison et de prolonger la lactation jusqu’à l’époque du rut. »
Lait de vache. — C’est celui qui est de beaucoup le plus usité comme succédané du lait de femme ; il est d’un prix relativement peu élevé et on peut s’en procurer facilement. Sa composition diffère cependant assez notablement du lait de femme ; l’extrait sec y est plus abondant, surtout la caséine, qui s’y précipite en llocons denses.
Le lait de vache, utilisé pour l’allaitement artificiel, doit présenter différentes garanties. « De même, dit Saint-Yves Ménard, qu’on choisit une nourrice de bonne constitution, qu’on règle le mieux possible son hygiène et particulièrement son alimentation, de même il y a lieu de se préoccuper des conditions hygiéniques de la production du lait de vache. » Sa valeur dépend, sous ce rapport, de quatre circonstances principales :
1“ Race des animaux. — Le lait le meilleur en qualité est fourni par les vaches normandes, bretonnes, etc. ; les vaches hollandaises, au contraire, dont la lactation est abondante, ne donnent qu’un lait très aqueux et peu crémeux; les normandes soumises au même régime ont du lait moins abondant, mais plus riche en éléments nutritifs, surtout en beurre.
2" Dispositions individuelles . — Il est également d’observation que dans le lait provenant de vaches de même race, on observe des différences assez grandes dans les proportions relatives des matières grasses et de la caséine : certaines vaches fabriquent beaucoup de beurre, tandis que d’autres en produisent moins.
Gautrelet a montré que chez la même vache la composition du lait varie beaucoup d’un jour à l’autre, tandis qu’au contraire le lait mélangé de toutes les vaches d’une même étable varie très peu; d’où cette conclusion au point de vue pratique qu’il vaut mieux pour le même enfant prendre du lait ainsi mélangé que de prendre du lait d’une seule vache.
« Toutefois, ajoute Saint-Yves Ménard, il n’est pas impossible, dans certains cas, de mettre à profit les variations individuelles. Le lait très crémeux réussit à tel enfant et non à tel autre. Lorsqu’un nouveau-né digère mal le lait commun d’une étable, il peut se trouver bien d’un lait moins riche en crème. Une étable bien dirigée, au point de vue de l’alimentation des enfants, doit pouvoir offrir, à part, le lait d’une ou plusieurs vaches dont la teneur en crème est au-dessous de la moyenne. »
3® Régime alimentaire. — On sait que le régime alimentaire auquel