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MANIÈRE DE DONNER LE LAIT STÉRILISÉ

élevée; on applique une tétine sur le goulot de la bouteille et on donne ainsi le biberon au nouveau-né. Quelques médecins conseillent de faire prendre te lait à la cuiller en le versant directement du flacon.

Bien que cette méthode du chauffage au bain-marie à 100 degrés ne donne pas de lait stérilisé, puisqu’il n’est porté qu’à une température inférieure à 100 degrés, elle a rendu de grands services dans la pratique, surtout à la campagne, à la condition que le lait ainsi préparé soit consommé dans les vingt-quatre heures qui suivent le chauffage. Dans les grandes villes, la question est plus complexe : sans doute la préparation du lait à l’aide de l appareil de Soxhlet, modifié par Budin, permet d’élever des nouveau-nés clans de meilleures conditions qu’autrefois ; mais la grande difficulté est de se procurer du lait de bonne qualité ; alors même que le lait est recueilli dans de bonnes conditions, il s’altère facilement pendant le transport, surtout pendant les grandes chaleurs. C’est pour cette raison que Pinard et ses élèves ont jusqu’à présent conseillé l’emploi du lait stérilisé du commerce.

Marfan a rappelé à la Société médicale des hôpitaux (juin 1896) les inconvénients du lait qui n'est pas stérilisé en temps utile. Dans nombre de cas, il a pu « constater qu’entre le moment de la traite et celui du chauffage, il s’était écoulé plusieurs heures, c’est-à-dire beaucoup plus de temps qu’il n’en faut, surtout pendant fété, pour que le lait subisse des altérations. Après ce délai, on a beau soumettre le lait à l’action de la chaleur, on détruit les ferments, on ne détruit pas les produits de la fermentation et on fait prendre au nourrisson un lait déjà corrompu. Lorsqu’on peut se procurer facilement du lait, et que ce lait peut être soumis à l’action de la chaleur quelques instants après la traite, on aura recours à la méthode de Soxhlet ou à l’ébullition qui est presque aussi bonne, à la condition d’assurer la parfaite propreté des vases, des biberons et des tétines. Quand, au contraire, on ne peut soumettre le lait à l’action de la chaleur que plusieurs heures après la traite, il faut employer le lait stérilisé dans l’industrie. »

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de l’allaitement artificiel, môme pratiqué dans les premiers jours qui suivent la naissance ; on n’emploie plus guère le lait d’àncssc, qui est d’un prix élevé, doit être consommé sur place et ne peut être stérilisé ; le lait de chèvre s’éloigne le plus comme composition du lait de femme et n’est guère utilisé qu’à la campagne.

C’est au lait de vache qu’on a recours pour suppléer le lait de femme dans l’élevage des nourrissons ; quel que soit le procédé de purification (ébullition, stérilisation vraie, chauffage au bain-marie, etc.) auquel le lait est soumis, doit-on te donner pur? N’est-il pas utile, comme cela a été conseillé depuis longtemps, de couper le lait, c’est-à-dire de corriger le lait qui diffère du lait de femme en ce qu’il contient presque le double de caséine, le double de sels, moins de lactose et de beurre? Les avis sont partagés; Marfan a signalé des troubles digestifs chez les enfants élevés avec du lait stérilisé non coupé, troubles qu’il décrit sous le nom de dyspepsie du lait de vache pur; aussi conseille-t-il* de ne jamais donner de lait de vache pur aux nourrissons avant le quatrième ou le cinquième mois de leur vie.

* De l'allaitement artificiel. Paris, 1890. G. Steinheii, édit.

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