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CONDUITE A TENIR DANS LA GROSSESSE GÉMELLAIRE

II importe, lorsqu’on a la certitude de la gémellité, d’en faire part à une nu deux personnes de la famille et de n’en rien dire à la femme, pour qui ce serait une cause de préoccupation. Il faut simplement prévenir la femme que .pour une raison quelconque (hydramnios par exemple) l’accouchement pourrait avoir lieu avant le terme et qu’elle doit faire ses préparatifs en conséquence ; on doit lui recommander de prendre le plus de repos possible à partir du 6® mois.

Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’on est autorisé à faire part à la femme de sa fécondité : Lepage a pu ainsi en 1890 rassurer une femme ayant dépassé la trentaine, qui n’avait pas encore d’enfant et qui fut tout heureuse d’apprendre que les troubles si intenses qu’elle présentait au cours de la grossesse étaient dus à la présence de deux foetus dans la cavité utérine.

Lorsqu’on a fait le diagnostic, il faut surveiller la femme d’assez près et pratiquer l’examen répété des urines, au moins deux fois par semaine, pendant les trois derniers mois de la grossesse.

Pendanl le travail, la conduite à tenir ne diffère guère, pendant l’accouchement du premier fœtus, de celle qui est tenue dans l’accouchement simple ; tout en se rappelant que pour les raisons que nous avons données l’accouchement est parfois assez long, il ne faut pas, pendant la période d’expulsion, attendre aussi longtemps avant d’intervenir que pour l’accouchement simple; si, au bout d’une heure et demie ou de deux heures après la dilatation complète, l’accouchement ne se termine pas, il faut procéder à l’extraction du fœtus.

Lorsque le premier fœtus est né, une précaution capitale est de faire la ligature du cordon non seulement du côté du bout ombilical, mais encore du côté du placenta : sans cette précaution, dans le cas rare, il est vrai, où les deux circulations fœtales seraient communes au niveau du placenta, le sang du second fœtus pourrait s’écouler par le cordon coupé du premier fœtus.

Lorsque cette précaution est prise, ou même avnnt de faire cette double ligature et de pratiquer la section du cordon, il faut s’assurer de la présentation du second fœtus et, si elle n’est pas longitudinale, la transformer en présentation du siège ou mieux en présentation du sommet. L’utérus doit être surveillé avec soin pour voir s’il ne se distend pas.

S’il y a une seconde poche des eaux, deux conduites différentes peuvent être à ce moment tenues, répondant à deux indications différentes :

Les uns, craignant que le second fœtus ne souffre par suite d’un décol- Ijincnt prématuré du placenta, n’attendent guère et rompent les membranes, pour faciliter la descente du second fœtus et son expulsion. Les utres, désirant surtout que l’utérus fatigué reprenne de la tonicité, préfèrent attendre, et ce n’est guère qu’au bout d’une heure, de deux heures, qu’ils interviennent en rompant les membranes. En aucun cas, il ne faut attendre que le col revienne sur lui-même et qu’on ne puisse ainsi terminer l’extraction.

Lorsque le second fœtus est expvdsé, il est bon d’attendre un certain temps avant de pratiquer la délivrance, pour permettre à l’utérus de revenir

DE LA GROSSESSE TUIl'LE.

suffisanimcnt sur lui-inèinc; sans cette précaution, une licinorrhagic alaindante peut se produire ; mais cette attente n’est rationnelle qu’à la condition de surveiller de près l’utérus, afin de voir s’il se rétracte bien.

Lorsque le moment semble venu de faire la délivrance, c’est-à-dire lorsque le placenta est engagé dans le vagin, comment fant-il procéder? En faisant la délivrance mixte par tractions et par expression, mais comme on ne sait trop sur quel cordon il vaut mieux tirer, on utilise surtout les pressions exercées sur le fond de l’utérus, en prenant en main le cordon qui mène sur la portion du placenta la plus facilement accessible.

Si la femme perd du sang, il faut pratiquer la délivrance artificielle (utérine), et ne pas attendre; car l’hémorrhagie est ici rapidement plus grave que dans l’accouchement simple.

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