EPILEPSIE, HYSTÉRIE ET CHORÉE
La fièvre intermittente doit être traitée comme en dehors de la grossesse : c’est à tort que certains auteurs avaient accusé le sulfate de quinine d’être un médicament abortif. Les recherches de Chiara, Wood, Pasquali, Tarnier, Pinard ont montré que le sulfate de quinine pouvait être impunément 'donné à des femmes enceintes.
Épilepsie. — La grossesse ne crée point l’épilepsie, ainsi que l’ont cru d’anciens auteurs, qui confondaient les accès d’éclampsie avec des crises d’épilepsie; ce n’est même qu’exceptionnellement que l’épilepsie débute pendant la grossesse.
L’influence de la grossesse sur l’épilepsie est très variable : tantôt les accès augmentent de fréquence et d’intensité, tantôt ils diminuent; assez souvent ils ne sont pas modifiés par la grossesse.
Pinard serait disposé à admettre l’influence favorable de la grossesse : sur H femmes épileptiques enceintes qu’il a observées, 4 avaient vu leurs accès suspendus pendant la grossesse, 5 les avaient eus considérablement atténués, et chez les deux autres les accès s’étaient montrés tels qu’ils étaient avant la fécondation. Ribemont-Dessaignes a, par contre, observé une femme épileptique dont les accès devinrent, pendant la grossesse, infiniment plus fréquents.
Pagny, élève de Porak, a relaté (Soc. obst. et gynéc., mars 1894) l’observation d’une femme secondipare chez laquelle il se produisit au huitième mois de la grossesse un état de mal épileptique qui détermina l’accouchement prématuré.
L’accouchement ne favorise pas les accès d’épilepsie, et il est rare d’en observer pendant les jours qui suivent l’accouchement.
Le traitement de l’épilepsie pendant la grossesse ne présente rien de particulier : on peut donner à la femme enceinte les médicaments dont elle fait usage habituellement.
Il est important de savoir qu’une femme enceinte est sujette aux accès d’épilepsie; car si elle est prise d’une de ces attaques près du terme ou au cours du travail, on évite de confondre cet accès avec une attaque d’éclampsie.
Hystérie. — L’hystérie est diversement influencée par la grossesse ; tantôt elle est aggravée, tantôt au contraire elle est atténuée. D’après Landouzy, les crises d’hystérie cesseraient presque complètement pendant la grossesse; elles peuvent réapparaître au moment du travail. II est toujours utile de savoir que la femme que l’on accouche a déjà présenté des crises hystériques, afin de ne pas les confondre avec des crises d’éclampsie.
Certaines hystériques facilement hypnotisables pendant la grossesse ne le sont plus au moment du travail (Budin, Féré).
La grossesse ne présente rien de particulier chez la femme hystérique, qui peut continuer à se soigner comme à l’ordinaire.
Chorée. — La chorée s’observe au cours de la grossesse : si Barnes n’a pu en réunir que 56 cas, cela tient surtout à ce que nombre de cas n’en sont pas publiés.
La chorée survient de préférence chez les femmes nerveuses, rhumati-