PARALYSIES
santés, et surtout chez celles qui, dans leur enfance, ont déjà été atteintes parla maladie; la chlorose y prédispose, et souvent c’est à la suite d’une émotion morale vive, d’une frayeur qu’apparaissent les mouvements choréiques.
La chorée gravidique est plus fréquente chez les primipares que chez les multipares; elle apparaît surtout dans les premiers mois de la grossesse, du deuxième au sixième mois, en particulier pendant le troisième et le quatrième mois (Mac Tarn).
Il est tout à fait exceptionnel que la chorée se montre pour la première fois lors d’une deuxième ou troisième grossesse, à moins que dans l’intervalle ne soit survenue une cause de chorée, comme une attaque de rhumatisme.
Les symptômes observés sont plus ou moins intenses : tantôt la chorée est à peine marquée; d’autres fois les mouvements sont très accusés, nécessitent le repos complet au lit et empêchent la malade de dormir.
La chorée, dans les cas moyens, persiste habituellement jusqu’au moment de l’accouchement; elle devient plus intense lors du travail, chaque contraction exagérant le désordre des mouvements.
Après l’accouchement, la guérison survient assez rapidement; cependant dans quelques cas les symptômes de chorée persistent encore 5 ou 6 mois après l’accouchement. Enfin il est possible de voir les mouvements choréiques se reproduire à une grossesse ultérieure.
Dans des cas exceptionnels la chorée gravidique a pu entraîner la mort, soit en raison de l'intensité des symptômes, soit par suite d’une complication cardiaque.
La grossesse peut être interrompue du fait de la chorée concomitante ; si elle débute brusquement au deuxième ou troisième mois, l’expulsion prématurée du fœtus peut s’ensuivre. La grossesse va jusqu’à terme, dans la moitié des cas environ.
Le fœtus naît vivant dans un certain nombre de cas ; mais le pronostic doit être pour lui réservé en raison de l’accouchement prématuré possible et des troubles de la nutrition générale.
Il faut traiter sérieusement la chorée gravidique : on emploie, suivant les indications, la médication calmante (bromure de potassium, hydrate de chloral, morphine, etc.), les toniques, les préparations ferrugineuses et arsenicales. Dans un cas grave, recueilli par l’un de nous à la maternité de Lariboisière, Pinard, d’accord avec Joffroy, employa avec succès le chloral à hautes doses et l’enveloppement avec le drap mouillé.
Dans les cas graves, qui mettent les jours de la femme en danger, il ne faut pas hésiter à provoquer l’avortement ou l’accouchement prématuré.
Paralysies. — On peut observer au cours de la grossesse des paralysies diverses qui reconnaissent différentes causes : elles sont liées soit à l’albuminurie, soit à une affection cardiaque, soit simplement à l’hystérie.
Une des formes fréquentes de paralysie est l’hémiplégie, qui est le plus souvent liée à l’albuminurie ou à une hémorragie cérébrale.