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COLIQUE HEPATIQUE ET GROSSESSE

quatre mois et demi, tandis que le sang de la mère était agglutinant. Charrier et E. Appert (Soc. de biologie, 7 nov. 1896) ont obtenu le même résultat en examinant les différents liquides (sang du cœur, sérosités péricardiques et péritonéales, liquide céphalo-rachidien, etc.) d’un fœtus de trois mois; parcontre, la macération du placenta a donné une réaction caractéristique; il semble que le placenta serve de filtre pour retenir dans l’organisme maternel les substances agglutinantes et vraisemblablement aussi les toxines.

La grossesse ne semble pas aggraver d’une manière très marquée le pronostic de la fièvre typhoïde : ainsi, d’après la statistique de Duguyot, la mortalité maternelle ne serait que de 1 femme sur 10. Cependant l’avortement ou l’accouchement prématuré peuvent aggraver le pronostic en facilitant le développement d’une septicémie puerpérale.

La forme abdominale semble la plus grave.

Le traitement de la fièvre typhoïde chez la femme enceinte comporte les mêmes indications qu’en dehors de la gravidité; il ne nous semble pas qu’il faille renoncer à certains médicaments, le sulfate de quinine, par exemple, sous prétexte qu’ils peuvent éveiller la contraction utérine. Il est cependant préférable de s’abstenir du seigle ergoté. Les bains froids sont particulièrement indiqués pour combattre l’hyperthermie. C’est à tort qu’on a craint que par suite de la brusque réfrigération il y ait congestion utérine et production de décollement ovulaire et d’hémorrhagie placentaire. Sur 14 cas (thèse Duhaut) dans lesquels le bain froid a été employé, il n’y a eu que 3 avortements et pas une femme n’a succombé. Les bains froids abaissent la température et, d’autre part, la diurèse qu’ils produisent provoque l’élimination des microbes et de leurs toxines, et les empêche ainsi de traverser le filtre placentaire : le fœtus court d’autant moins de risques d’infection.

Colique hépatique. — La colique hépatique peut exister pendant la puerpéralité, ainsi que l’ont établi les travaux ou observations de Tarnier,. Willemin, Durand-Fardel, H. Huchard, Bouchard, J. Cyr, etc.

Elle se montre parfois pendant la grossesse (11 fois sur 51 cas d’après la statistique de Cyr) ; le plus habituellement elle n’éclate qu’après l’expulsion du fœtus et survient pendant le mois qui suit l’accouchement dans les deux tiers des cas.

Les conditions qui pendant la puerpéralité prédisposent la femme à la colique hépatique sont multiples : l’exagération des fonctions nutritives amène une augmentation dans les matériaux de déchets qui ne sont plus suffisamment brûlés ou éliminés, surtout lorsque la femme a une hygiène défectueuse (défaut d’exercice, séjour dans un air confiné, etc.). Ajoutons-y l’entrave apportée au jeu du diaphragme par le développement de l’utérus, le séjour forcé au lit pendant la grossesse par suite d’une complication (varices par exemple). Le repos prolongé au lit auquel sont astreintes les femmes après l’accouchement explique la fréquence relative de cette compli cation à cette période de la puerpéralité.

Pendant la grossesse, le cours de la bile est ralenti par pression mécanique, par compression des canaux sécréteurs : ce qui favorise la précipitation de la cholestérine dans la vésicule.

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