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COLIQUE HEPATIQUE ET GROSSESSE

D’après Huchard, cette compression des voies biliaires peut expliquer deux phénomènes opposés : la production des calculs par ralentissement de ta bile et la suspension des crises par une compression plus complète qui empêche la migration des calculs après avoir aidé à leur formation. — Quelquefois c’est sous l’influence du travail, et en particulier des efforts de ’a femme, qu’un calcul s’engage dans le canal cystique.

D’après Skutsch, les modifications de la pression intra-abdominale, qui se produisent après l’accouchement, favorisent l’élimination des calculs qui existent dans la vésicule biliaire.

La colique hépatique est une manifestation de l’arthritisme : elle survient chez les femmes qui en présentent déjà certaines manifestations ou chez d’autres pour lesquelles la grossesse, avec ses tendances congestives, est une cause d’appel pour l’arthritisme (H. Huchard).

La symptomatologie de la colique hépatique est trop connue pour la rappeler ici ; son apparition chez une femme enceinte ou accouchée donne lieu à des erreurs de diagnostic d’autant plus fréquentes que souvent on observe des formes frustes et en particulier des formes qui ne s’accompagnent pas d’ictère.

Pendant la grossesse on peut confondre la colique hépatique, surtout la forme pseudo-gastralgique avec la gastralgie qui naît soit immédiatement après l’ingestion d’un aliment, soit quand l’aliment ingéré est d’une nature irritante pour la muqueuse.

Le diagnostic avec la colique néphrétique, avec une crise d’appendicite, ne présente rien de particulier chez la femme enceinte. Une erreur plus importante à éviter est de prendre pour un début de travail, à terme ou prématuré, les douleurs vives, avec exacerbations, dont se plaint la femme; il suffit pour éviter l’erreur de mettre la main sur l’utérus au moment où la femme accuse une douleur vive et de s’assurer qu’il n’y a pas de contraction utérine ; le toucher permet en outre de constater qu’il n’existe aucune modification du col. Enfin les douleurs ont un siège plus élevé que celles dues à la contraction utérine et elles sont continues au lieu d’être intermittentes.

On pourrait croire à une péritonite, surtout pendant les suites de couches, en raison de la douleur abdominale, du ballonnement du ventre, des vomissements, du hoquet : « On trouvera des éléments du diagnostic différentiel dans le pouls, qui dans la colique hépatique est plutôt lent et vibrant, tandis que dans la péritonite il est fréquent, petit, serré; dans l’absence ou le faible degré d’élévation thermique ; dans la douleur, moins exquise, moins superficielle, exclusivement limitée ou plus accusée à la zone sus-ombilicale et surtout cystique, tandis que dans la péritonite elle est ou généralisée ou prédominante dans la zone sous-ombilicale, du côté de l’utérus ou des annexes. » (P. Le Gendre.)

Le pronostic de la colique hépatique survenant dans l’état puerpéral est généralement très bénin; malgré l’intensité des phénomènes douloureux, la grossesse suit son cours. Ce n’est que dans les cas où survient de l’ictère, en même temps que des symptômes de cholécystite et d’angiocholite, que la vie de la femme peut être en danger

ICTÈRE ET GROSSESSE

Le traitement immédiât comhte à calmer la douleur à l’aide d’une injection sous-cutanée de morphine et d’une potion de cliloral. Galliard conseille en outre l’application d’une vessie de glace et de préférence six ventouses scarifiées au niveau de l’hypochondre droit ; lorsque le sang ne coule plus, on lave les petites plaies avec de l’eau boriquée tiède et on pratique une onction à l’aide du mélange suivant :

Huile de jusquiame 50 grammes.

Laudanum de Sydenham XXX gouttes.

Chloroforme anesthésique 10 grammes.

et on recouvre d’ouate la région hépatique; ces onctions calmantes peuvent être renouvelées toutes les heures. — Pour combattre l’état fébrile et empêcher l’angiocholite calculeuse, Galliard a recours au salicylate de soude qu’il donne dans le lavement suivant :

Eau distillée 100 grammes.

Salicylate de soude 6 grammes.

Laudanum de Sydenham XX gouttes.

On donne au préalable un lavement évacuateur simple. D’après P. Le Gendre, le régime comprend une alimentation carnée modérée, l’abstention du jaune d’œuf, du boudin, de cervelle, de tomates, d’oseille, l’usage réservé du sucre et des farineux, l’usage modéré de la graisse, l’abondance des légumes verts et des fruits. Le Gendre conseille en outre : 1" une heure avant les deux principaux repas, un paquet de 1 gr. 50 de bicarbonate de soude dans un verre d’eau; 2“ au milieu des repas, 2 perles d’éther et 2 perles de térébenthine ou d’éther amylvalérianique. Plus tard, on prescrira un traitement hygiénique (marche, exercice au grand air, etc.). La grossesse non plus que l’état de nourrice (Tarnier) ne contre-indiquent le traitement thermal à Vichy (Villemin).

Ictère. — On distingue trois variété d’ictère pouvant survenir chez la femme enceinte : 1“ l’ictère simple; 2® l’ictère grave; 3® l’ictère épidémique.

1® Ictère simple. Il peut survenir à toute époque de la grossesse, mais n’est pas très fréquent. En dehors des causes ordinaires (catarrhe gastroduodénal, obstruction des voies biliaires, etc.), l’ictère qui se développe chez la femme enceinte provient de la congestion du foie (Tarnier, Peter) ou de l’auto-intoxication gravidique. Le pronostic de l’ictère simple est généralement bénin pour la femme, mais peut être dangereux pour le fœtus en amenant sa mort ou son expulsion prématurée. Quelquefois l’ictère simple se transforme en ictère grave.

2® Ictère grave. La grossesse y prédispose, puisque, sur 31 cas d’ictère grave, Frerichs a trouvé 22 femmes dont 11 étaient enceintes.

L’ictère est rarement grave d’emblée ; il succède habituellement à l’ictère simple ; nous n’avons pas à 'rappeler sa symptomatologie ni son anatomie pathologique; dans un certain nombre de cas, on trouve les lésions de l’atrophie jaune aiguë; d’autres fois il existe en outre les lésions du mal de Bright chronique (Virchow, Braun). L’ictère grave peut se compliquer d’accès éclamptiques ou n’être au contraire qu’une complication de l’éclampsie.

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